jeudi, avril 15, 2010
Là-haut, tout est calme, Gerbrand BAKKER
Là-haut, il y a le père. Un père qu’HELMER laisse mourir dans sa chambre, car de ce père il n’a reçu aucune marque d’affection durant son enfance. D’ailleurs, il lui préférait son frère jumeau, HENK, qui était prêt à reprendre la relève (le travail à la ferme) et à perpétuer les traditions.
Là-haut, il y a aussi le Danemark, puisque l’histoire se passe aux Pays-Bas. Tous les soirs, HELMER jette un coupe d'oeil sur la carte du Danemark, pays qui représente pour lui l’étranger, la nouveauté, l’inconnu ; tout ce qui s’oppose à sa vie rythmée par les travaux à la ferme.
Il faut savoir qu’après la mort de son frère jumeau HELMER accepte de remplacer son frère et de travailler à la ferme pour faire plaisir à son père. Il va mener pendant plus de trente ans une vie de fermier qui incombait alors à son frère. Comme s’il vivait une vie qui ne lui seyait pas. Comme s’il remplaçait HENK ou, pour être plus clair, comme s’il n’existait pas sans son frère jumeau.
Une complicité innée et quasi fusionnelle liait les deux individus jusqu’à l’arrivée de RIET, jeune femme qui est tombée amoureuse de HENK et qui a rompu l‘osmose qui existait entre les deux frères. Ce qui justifierait une certaine homosexualité latente que l’on pourrait déceler chez HELMER, le narrateur. Car ce dernier est attiré non seulement par son frère, mais aussi par JAAP, un employé qui travaillait pour la famille.
En laissant mourir son père, HELMER tourne une page et signe la fin d’une époque : celle d’une société agraire et patriarcale qui reposait essentiellement sur les traditions, la morale et le travail.
L’achat d’une télévision, la mort du père, le retour de JAAP et le départ de HELMER et de JAAP pour le Danemark annoncent l’arrivée d’une époque qui refuse de se plier aux traditions et qui fait émerger une certaine individualité face au règne du groupe, de la communauté. C’est sans doute pourquoi à présent, là-haut, tout est devenu calme.
Commenter
(*) Ces champs sont obligatoires.
« Miquel Barceló, Elefandret, 2007 :: oliviercardineau :: Parole et / est vérité selon Lacan »

