oliviercardineau

Ecrire, Marguerite DURAS (2)

Citation du jour — Par olibre @ 08:20

   "c'est curieux un écrivain. C'est une contradiction et aussi un non-sens. Ecrire c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. C'est reposant un écrivain, souvent, ça écoute beaucoup. Ca ne parle pas beaucoup parce que c'est impossible de parler à quelqu'un d'un livre qu'on a écrit et surtout d'un livre qu'on est en train d'écrire. (...) Parce qu'un livre c'est l'inconnu, c'est la nuit, c'est clos, c'est ça. C'est le livre qui avance dans les directions qu'on croyait avoir explorées, qui avance vers sa propre destinée et celle de son auteur, alors anéanti par sa publication : sa séparation d'avec lui, le livre rêvé, comme l'enfant dernier-né, toujours le plus aimé." p28

  "C'est l'inconnu qu'on porte en soi : écrire, c'est ce qui est atteint. C'est ça ou rien" p52

   "Si on savait quelque chose de ce qu'on va écrire, avant de le faire, avant d'écrire, on n'écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.

    Ecrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait (on ne le sait qu'après) avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. mais c'est la plus courante aussi." p53

 


Ecrire, Marguerite DURAS

Citation du jour — Par olibre @ 23:14

  Je crois que la personne qui écrit est sans idée de livre, qu'elle a les mains vides, la tête vide, et qu'elle ne connaît de cette aventure du livre que l'écriture sèche et nue, sans avenir, sans écho, lointaine, avec ses règles d'or, élémentaires : l'orthographe, le sens.

Ecrire, Marguerite Duras, Folio, p20

 


Ecrivain, Ecriveur

Citation du jour — Par olibre @ 15:44

"Pendant six ans, jusqu'en 1946, je tenais un "journal". J'écrivais pour conjurer l'angoisse. N'importe quoi. J'étais un écriveur. L'écriveur deviendra écrivain quand son besoin d'écrire sera soutenu par un sujet qui permet et exige que ce besoin s'organise en projet. Nous sommes des millions à passer notre vie à écrire sans jamais rien achever ni publier."

                                                       André GORZ, Lettre à D (Histoire d'un amour), p 32-33 Galilée, 2006 

 


la escritura de Pío BAROJA : una pintura social siempre de actualidad.

Citation du jour — Par olibre @ 21:30

    "Era, en general, toda la gente que allí habitaba gente descentrada, que vivía en el continuo aplanamiento producido por la eterna e irremediable miseria; muchos cambiaban de oficio, como un reptil de piel; otros no lo tenían; algunos peones de carpintero, de albañil, a consecuencia de su falta de iniciativa, de comprensión y de habilidad, no podían pasar de peones. Había también gitanos, esquiladores de mulas y perros, y no faltaban cargadores, barberos ambulantes y saltimbanquis. Casi todos ellos, si se terciaba, robaban lo que podían; todos presentaban el mismo aspecto de miseria y de consunción. Todos sentían una rabia constante, que se manifestaba en imprecaciones furiosas y en blasfemias.

   Vivían como hundidos en las sombras de un sueño profundo, sin formarse idea clara de su vida, sin aspiraciones, ni planes, ni proyectos, ni nada."

                                                        Pío BAROJA, La busca, Alianza Editorial, p89-90.


Jacques LACAN, Mon enseignement

Citation du jour — Par olibre @ 18:54

"le désir est toujours ce qui s'inscrit en tant que conséquence de l'articulation langagière au niveau de l'Autre. (...) Le désir tout court est toujours le désir de l'Autre. Cela veut dire qu'en somme, nous en sommes toujours à demander à l'Autre son désir".

 Mon enseignement, Jacques Lacan, Seuil, p52

 


Henry Bauchau, Le boulevard périphérique

Citation du jour — Par olibre @ 20:26

"Je suis le père sans argent. Pourquoi pas? Mais dans sa structure intime le père est celui qui peut aider. Qui peut aider avec de l'argent. A ce moment de désolation, je sens une main qui cherche la mienne, une main qui me semble glacée et veut se réchauffer dans les miennes. Je prends la main de Paule dans mes mains, il n'y a pas de paroles. Paule, la tête tournée de l'autre côté, participe à une conversation entre femmes que je ne cherche pas à entendre. Il y a cette main abandonnée dans les deux miennes, qui m'évoque toutes les petites mains d'enfants, confiantes, heureuses, que j'ai tenues et qui ont si souvent éclairé, adouci l'âpreté de ma façon de vivre. Il y a que je suis l'homme sans argent, fragilisé par l'âge mais dont les mains réchauffent encore. Encore un peu. Il y a que, dans notre commun chagrin, dans la commune humiliation de nos deux faiblesses, elle a pris ma main. Dans nos trois mains s'égrènent par mouvements imperceptibles le chapelet d'aphtes, le chapelet des portes du boulevard périphérique. A ce moment je ne me souviens plus d'aucune prière et Paule n'en a sans doute jamais connu. Ensuite il n'y a rien. C'est comme si une grande machine aspirante avait avalé le reste de cette journée. Argile, sans doute, a senti quil était temps de partir et je l'ai suivie."

 


Henri Bauchau, Le boulevard périphérique

Citation du jour — Par olibre @ 18:01

 

"Ce n'est pas moi qu'il admire, mais cette forme déliée, un peu grêle, un peu aiguë de l'homme qui est en moi. L'homme qui jette ses actes et sa semence, qui ne porte pas d'enfant, qui ne porte pas la durée. L'homme éphémère, joueur, qui s'amuse avec le rocher. Jamais je n'ai compris comme en cet instant combien l'homme, le mâle, est gratuit en somme, fait pour le jeu, la guerre". p22


Sylvain Trudel, Le souffle de l'harmattan

Citation du jour — Par olibre @ 16:36

 

J'ai vu que ça brûle mal, le passé, et les souvenirs itou, vu qu'il en reste toujours des débris, même après, quand le feu a tout mangé, il en reste toujours quelque chose comme une odeur secrète, de l'invisible qui brûlera jamais.

Le souffle de l'harmattan de Sylvain Trudel


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