mardi, juillet 14, 2009

Du côté de la vie

 

 Magaly Solier, Claudia Llosa dans Fausta (Photo)

http://www.allocine.fr/film/galerievignette_gen_cfilm=142565&cmediafichier=19083822.html

    Fausta, La teta asustada est un film de Claudia LLosa qui montre trois aspects du Pérou. D’abord celui de la colonisation, avec les « blancs» qui dirigent l’économie du pays et s’enrichissent sur le dos de la population indienne. La malhonnêté de la patronne de Fausta dénonce le sort réservé aux domestiques typés.

  Il montre ensuite le visage d’un Pérou occcidentalisé à travers les indiens qui singent les coutumes des blancs jusqu‘à se ridiculiser eux-mêmes. Le mariage des cousins de Fausta en est la preuve.

    Enfin il ya le Pérou de Fausta. Un Pérou pétri de croyances, de chants en quechua. Un Pérou également violent. Fausta hérite du traumatisme de sa mère, qui a été violée. C’est pourquoi elle a dissimulé une pomme de terre dans son vagin, pour que celle-ci germe et décourage les hommes de s’approcher d’elle.

   Mais la mère meurt et Fausta se retrouve seule et perdue dans un monde qui l’effraie. En plus, elle n’a pas assez d’argent pour enterrer dignement sa mère. C’est pourquoi elle accepte d’être domestique chez «les blancs».

    Le corps encombrant de la mère qu’elle cache sous le lit et la pomme de terre qui germe en elle représentent le poids écrasant de ses peurs et des traditions que la mère a transmises à sa fille et qui empêchent cette dernière de jouir de la vie.

   Le jardinier que Fausta rencontre chez sa patronne joue le rôle de médiateur entre ses peurs et la vie. Il lui montre que les fleurs sont plus belles que la pomme de terre. Il ne demande pas à Fausta de renoncer à sa culture puisque tous les deux parlent en quechua. Il lui apprend cependant, à travers les fleurs, à regarder différemment la nature et son pays. A le regarder du côté de la vie, et non du côté de la mort. Voilà pourquoi Fausta décide finalement de se faire enlever la pomme de terre et d’enterrer sa mère.

  C'est un beau film qui aborde avec finesse l'histoire d'un pays  par la dimension psychologique.

 

 

mercredi, mai 06, 2009

Isabelle Huppert à Amiens

 

 

  www.leninimports.com/isabelle_huppert_gallery...

    Et si je vous disais qu'Isabelle Huppert se tenait à quelques mètres de moi, à la terrasse d'un restaurant d'Amiens, qui se situe à quelques pas de notre belle cathédrale, me croiriez-vous? Et si je vous disais qu'elle a  interpellé la serveuse pour que celle-ci prenne sa commande. La jeune femme, stupéfaite, s'est approchée d'elle et lui a demandé sur un ton familier ce qu'elle faisait ici. Le croiriez-vous également? Et si je vous disais  qu'Isabelle Huppert était méconnaissable? Elle était outrageusement maquillée, un tantinet vulgaire avec ses collants bleu turquoise et une moue peu raffinée.  Et si je vous disais que ces deux femmes se sont disputées pendant que je regardais la scène sans ciller, me croiriez-vous toujours?

   J'ai omis de vous parler du filet de protection qui me tenait à l'écart (même si je ne me situais qu'à trois ou quatre mètres d'elle). J'ai également omis de vous parler des techniciens, des caméras, de ce gigantesque panneau qui  renvoie la lumière. Cette actrice française hors pair est venue en terre picarde pour les besoins d'un film.  L'équipe a tourné pendant toute une après-midi une scène qui ne tiendra pas plus d'une minute lors de la version finale. Cette scène, qui met en scène une brève altercation entre une mère et sa fille, aura demandé aux techniciens et aux acteurs des heures de travail, de patience, de concentration. 
   Quelle coïncidence pour moi ! Dimanche dernier, je suis allé voir le film Villa Amalia dans lequel joue Isabelle Huppert. Dans ce film, la protagoniste cherche la dissonance, le décalage, le non-sens pour fuir la société, l'histoire, la mélodie, l'harmonie, et se retrouver dans un ailleurs qu'elle ne connaît pas encore. Et quelle détente, quelle délectation, moi qui sortais de ma classe "Bronx" dans laquelle les "fils-de-pute", "les va-te-faire foutre", et "sur la tête de la Mecque" jaillissent de tous les coins de la salle.
     Je suis sorti de cours épuisé, j'ai pris le bus pour me rendre dans mon autre lycée. Avant d'y aller, je suis entré dans un café et j'ai parcouru Le Courrier picard. C'est en lisant le journal que j'ai appris que l'actrice  séjournait à Amiens pour tourner un film. J'ai alors couru comme un dératé dans le centre-ville pour voir où l'équipe tournait. Et je les ai aperçus dans une rue qui mène à la cathédrale. Pendant trois quart d'heure, je me suis régalé. Je redevenais un enfant ébloui par la nouveauté, la connaissance, la magie. Ca faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cette sensation-là. Vous savez, quand votre quotidien est délicieusement bousculé par un événement original qui vous fait rêver. 

                                                                      Olivier Cardineau

mardi, avril 28, 2009

Devenir soi

 

Country Teacher

   Malgré un titre peu évocateur, Country teacher est un superbe film qui raconte le douloureux parcours d’un homme en quête d’identité. Petr, professeur de biologie, quitte Prague pour fuir sa mère, qui travaille dans le même établissement que lui. Mère imposante à qui il révèlera plus tard son homosexualité. Le jeune homme laisse donc sa brillante carrière de côté et part enseigner à la campagne. Sa mère déplore sa fuite et la solitude dans laquelle il se réfugie, et lui rappelle qu’ «on a tous besoin des autres» .

    Le jeune professeur sera malgré tout rattrapé par «sa nature» car l’un de ses anciens amants réapparaît, semant le trouble dans la paisible vie champêtre du professeur. Ce dernier ne pourra alors plus contrôler ses pulsions sexuelles et profitera du sommeil du fils de son amie pour le caresser et le masturber. Effrayé par son propre comportement, il tentera ensuite de mettre fin à ses jours.

   Après lui avoir sauvé la vie, son amie agricultrice lui demande pourquoi il a tant attendu pour lui avouer son homosexualité. Et Petr de repondre : «J’avais peur de vous perdre». Il leur cachait sa sexualité car il craignait d’être rejeté. Avouer son homosexualité, c’était par ailleurs prendre le risque de ne plus plaire aux autres, avouer sa différence et se considérer comme un être à part.

  Pour devenir soi, Petr a d’abord dû tuer en lui l’image du fils-professeur façonné par sa mère. C’est pourquoi il a renoncé à l’Université, au lycée et a préféré enseigner dans un collège de campagne. Petr a ensuite avoué ses peurs : peur de soi, peur de sa différence, peur de ne pas plaire, de ne pas être aimé, d‘être rejeté. Enfin Petr a verbalisé sa sexualité. A la fin du film, il décide de rester enseigner dans le village à condition que le principal de son collège et ses collègues l’acceptent en tant qu’homosexuel.

   C’est un film qui montre le long cheminement d’un homme pour s’accepter tel qu’il est. C’est aussi un film sur l’amitié, puisqu'il montre que l’homme ne peut vivre seul.

                                                               O.Cardineau 

samedi, janvier 24, 2009

Un autre regard sur la vieillesse

 

   Voici deux films qui ne considèrent pas la vieillesse comme une fin en soi. Dans Septième Ciel, une femme âgée tombe amoureuse d’un homme de 76 ans. Elle décide finalement de quitter son compagnon pour rejoindre l'homme qu’elle aime . Entreprise risquée, mais qui montre qu’un individu peut tomber amoureux à n’importe quel âge. Les corps ridés sont filmés en gros plan, sans tabous. Au début, certains plans peuvent heurter la sensibilité du spectateur, qui n’est pas habitué à voir des personnes âgées en train de faire l’amour. Puis, peu à peu, il se laisse gagner par l’émotion que les personnages lui communiquent, et il en oublie la crudité de certaines images.

 Les Plages d'Agnès

 

     Les plages d’Agnès se présente comme un documentaire autobiographique qui retrace la vie de la cinéaste Agnès Varda. Quand une personne vieillit, elle ne se souvient guère de tout ce qu’elle a vécu. Sa mémoire la trahit. Ce sentiment est loin d’être désagréable pour la cinéaste, qui s’en amuse en mettant en scène ses souvenirs. Dans son film, elle reconstitue chaque moment de sa vie avec une mise en scène particulière. Avec la présence des caméras dans le film, la cinéaste traite chaque souvenir comme une scène de cinéma. Elle met ainsi en évidence le lien étroit entre le cinéma et sa vie. En « remasterisant » chaque souvenir, la cinéaste rappelle également le fonctionnement de l’inconscient, qui réactualise les souvenirs pour mieux les garder en mémoire. C’est un film généreux et plein d’espoir qui conjugue le passé au présent et qui considère l'individu comme une boîte à images qui ne vieillit jamais.  

 

 

jeudi, juillet 17, 2008

La visite de la fanfare, film d'Eran Kolirin

La Visite de la fanfare

     C'est un film musical qui nous fait écouter le silence qui sépare les Egyptiens des Israeliens. J'entends par "silence" le décalage qui existe entre deux cultures, l'incompréhension qu'une langue à moitié partagée, l'anglais, peine à modifier. C'est la musique, les regards, les moments partagés dans le silence, qui vont permettre aux personnages d'entrer en contact, de parler de leur vie, d'échanger un bref instant avant de se séparer. La musique serait d'une certaine manière la langue universelle qui unirait les peuples dans la paix. Très beau film, agréable à regarder et à écouter.

                                                                             O.C

                                                                                           

 

 

 

dimanche, octobre 14, 2007

"Nuage" de Sébastien Betbeder : une réflexion sur la création et l'oubli

 

    Nuage est un film poétique, sans prétention, sur l'oubli. Le film commence par la disparition de la femme d'un photographe-portraitiste. Au même moment, un jeune homme perd la vue par intermittence. Alors qu'il s'apprête à traverser la rue, il rencontre une femme amnésique. il se rendra compte plus tard qu'il s'agit de la femme du photographe, victime du même mal que lui. Ce dernier perdra la mémoire alors qu'il se dirigera vers la maison du photographe pour l'avertir de sa découverte.

    Dans le film, le nuage représente la métaphore de l'oubli qui hante les deux personnages en quête de mémoire, donc de lumière. On appréciera le contraste saisissant entre le photographe qui met en lumière, c'est-à-dire expose des visages et la femme de ce dernier, perdue dans l'obscurité. D'une façon métaphorique, la femme du photographe disparaît des yeux de son mari artiste.

    Le nuage est aussi la métaphore du film qui, comme la traversée d'un nuage, fait oublier au spectateur, plongé dans le noir, sa quotidienneté. Il est donc réussi ce petit film d'une heure et quart qui raconte avec poésie la promiscuité entre l'art et l'oubli, entre l'artiste qui, pour créer, oublie, et le spectateur qui, pour regarder, doit oublier.

 

 

 

mardi, septembre 18, 2007

CARAMEL

    Ce beau film haut en couleurs présente des portraits de libanaises qui travaillent ensemble dans un institut de beauté. Ce qui rend ces femmes touchantes, c'est qu'elles sont tiraillées entre le désir de vivre pleinement une vie de femme libre et le poids de la morale venant de leur culture, à laquelle elles sont attachées. Ainsi  tentent-elles de concilier les deux. C'est par le mensonge ou le silence qu'elles y arrivent. Une des filles craint par exemple que son mariage ne soit annulé parce qu'elle n'est plus vierge. Une autre est attirée par les femmes mais ne se l'avoue pas. Ce conflit intérieur les rend à la fois fragiles et touchantes. 

     Le film se termine sur une note audacieuse. La cliente qui éprouvait une certaine attirance pour la coiffeuse homosexuelle a accepté, malgré la crainte de représailles dans son entourage, de se faire couper les cheveux très courts. Elle ressort du salon encore plus féminine et rayonnante.  Le film se termine sur l'image de cette femme heureuse, épanouie, qui déambule avec légèreté dans la rue, ne regrettant aucunement ce geste transgresseur, qui la rend encore plus belle. C'est tout en nuances que la liberté des femmes est revendiquée dans ce film qui, j'en suis sûr, touchera un certain nombre de libanaises et de femmes du Moyen orient. 

samedi, juillet 14, 2007

IRINA PALM

                                                                                                              

      Irina Palm est un film délicieux qui réunit avec audace et de façon harmonieuse des thèmes et des mondes différents, voire opposés. Ainsi, le monde de l'hôpital côtoie celui de la prostitution ; la maladie du petit-fils est lié à la prostitution de sa grand-mère ; le comique flirte avec le dramatique,  la pornographie avec le sentiment. Enfin, Soho se retrouve aux côtés du puritanisme. J'ai eu l'impression au cours du film que, grâce à cet emploi, la grand-mère se sent indépendante et libre. Elle est valorisée en tant que femme. Elle devient coquète, car ses charmes sont  reconnus. ce qui est également amusant, c'est qu'elle exige de la reconnaissance, voire de l'humanité dans un monde où règnent le capital et la pornographie. Elle veut représenter autre chose que le profit. Elle veut que son patron l'estime. Elle impose ses valeurs humaines. "Vous avez un beau sourire" lui dit-elle. "Vous devriez sourire plus souvent". Ce qui signifie : vous devriez être plus humain. Enfin, le moment où elle prend le thé avec ses anciennes amies bourrées de principes victoriens est drôle, puisque Irina Palm dit et fait tout haut ce que les autres pensent tout bas.

     Ce qui fait le charme de ce film audacieux, c'est le personnage d'Irina Palm, qui évolue et  s'épanouit grâce à son travail, tout en gardant intactes ses valeurs humaines. Elle dira à son fils qu'elle n'est pas une putain. D'abord,  parce qu'elle ne fait que masturber les hommes. Ensuite, parce qu'elle a le droit comme tout être humain au respect. Ce film critique une société intolérante qui juge encore sur des principes moraux. c'est également une belle leçon d'humanité et d'humilité 

lundi, juin 18, 2007

"Après lui" avec Catherine Deneuve

 

 

   Le sujet est assez risqué mais intéressant. Je me suis demandé comment  Deneuve interpréterait le rôle d'une mère qui apprend la mort de son fils. Le risque était de tomber dans le pathos, les larmes, la crise de nerfs. Deneuve interprète une mère qui n'arrive pas à se faire à la mort de son fils. C'est pourquoi la scène de l'enterrement est saisissante. Quand  la mère voit le tracteur combler la fosse en remettant la terre, elle fuit à travers les allées du cimetière. La caméra l'accompagne dans sa course  maisle bruit assourdissant du tracteur  ne la lâche pas. 

   Elle tente de retouver son fils à travers les objets qu'il a laissés, à travers les amis qu'il a connus, à travers les jeunes qu'elle rencontre. Elle tente de s'accrocher à des souvenirs, mais le temps passe. Les amis de son fils n'oublient pas le défunt  mais continuent de vivre.  Elle le dit elle même, quand on est jeune, les choses passent plus facilement. Elle le sait mais ne supporte plus de vivre dans le présent. Ellé délaisse sa fille et son petit-fils. Elle a sans doute l'impression que le nouveau né a pris la place de son fils. Son entourage lui renvoie un reflet du vivant qu'eller refuse. 

    Elle cherche le mort ; elle cherche la mort.  Elle le/la trouve auprès du meilleur ami de son fils. Elle  considère ce dernier  comme le seul témoin de l'existence de son fils, ainsi que comme l'accompagnateur  qui lui permettra de rejoindre son fils. Quand elle lui demande sur le lieu de l'accident de rouler à la même vitesse, ou quand elle lui demande de brûler l'arbre contre lequel s'est écrasée la voiture,  ce n'est pas pour l'oublier, c'est pour se jeter dans les flammes, pour rejoindre la chair de sa chair.

    C'est donc une femme désamparée qui s'accroche à un jeune homme qu'elle considère comme son fils.  Elle décide de vivre avec des témoins, des ombres du passé. Je garderai en mémoire la scène où l'on voit le visage  de catherine Deneuve blanchie par le reflet des flammes qui détruisent l'arbre qui  a tué son fils. L'arbre est symbole de vie comme de mort. Le feu purifie comme il détruit. De puis la mort de son fils, la vie de cette femme s'est arrêtée : elle se trouve sur un fil, entre la vie et la mort. Elle choisit d'abord la mort quand elle se dirige vers  l'arbre.  Mais l'ami de son fils la retient. Alors elle va vivre et regarder l'ami de son fils comme si c'était son fils.  Elle décide de vivre avec des ombres du passé, dans l'ombre des flammes

 

  

lundi, juin 18, 2007

"The fountain"

      Ce film réunit le baroque à la science fiction. Le résultat en est utopique. L'arbre de la vie, incarnée dans ce film par l'Arbre du monde des Incas (qui donne la vie éternelle), est le noyau qui articule les différentes histoires. C'est grâce à son écorce que le chercheur parvient à faire rajeunir un singe. Malheureusement, il ne pourra pas appliquer le fruit de ses recherches à sa femme, qui meurt d'une tumeur.

        Avant de mourir, sa compagne lui  demande de terminer son roman. L'Arbre des Incas y figure également, car la reine d'Espagne demande à l'un de ses conquérants de trouver la fontaine de jouvence et l'Arbre de La vie évoquée dans la Bible. Elle lui signale que, dans le cas où il la trouverait, elle deviendrait alors son Eve. Déciément, les liens se tissent entre la fiction et la prétendue réalité. Car la quête adamique, ou le retour au paradis, est désiré tant par la reine et son conquérant que par le chercheur et l'écrivaine.

      Le livre n'est pas achevé. Le conquérant est sur le point d'être tué par  le roi maya, qui tente de défendre l'Arbre du Monde. Le chercheur, qui alors était obsédé par le désir de soigner sa compagne, transfère son obsession sur le conquérant. Ce dernier découvre l'Arbre et en en boit sa sève. La puissance de vie est si forte qu'il  meurt. Cette explosion de vie, qui termine par la mort, rappelle l'utopie de cette entreprise. Elle rappelle également que la mort fait partie du cycle de la vie. Car la décomposition engendre la vie. L'écrivaine avait compris cela avant de mourir ,car elle disait à son chercheur de mari qu'elle allait mourir sereine. On assiste de fait à une inversion. L'écrivaine ne croit plus à cette quête folle de guérison ou de vie éternelle. Lui, si.

     Jusqu' à ce qu'il termine le livre.  Le film s'achève sur le chercheur, devant la tombe de sa femme. IL creuse un trou pour y enfouir une chataigne. Ensuite, il repense à elle, à leurs ébats. On voit une aisselle, des poils, la peau. ET là on pense que l'éternité réside de fait, non dans une croyance de vie éternelle, mais dans la mémoire dees souvenris partagés avec l'être aimé, des souvenirs si intenses qu'il gardera en mémoire jusqu'à sa mort.

     D'une certaine façon, le film se donne sa propre mort en montrant que la folle quête de l'impossible ne peut que rendre  malheureux

 

lundi, juin 18, 2007

"Le vent se lève" de Ken Loach

 

 

C'est un film bouleversant, car il démonte avec brio la logique absurde de la guerre et dénonce les excès de  l'adhésion idéologique. Les deux frères qui, au début, se battaient pour la même cause (l'indépendance de l'Irlande) se séparent jusque dans la mort.  Le frère aîné, qui a choisi de pacter avec les Anglais tout en gardant son statut d'Irlandais,  se trouve en désaccord avec son jeune frère, qui refuse la Couronne en affirmant être républicain. En effet, pour ce dernier, pacter avec les Anglais reviendrait à remettre en question les luttes menées depuis le début de la guerre, et deshonorerait par la même occasion ceux qui sont morts pour ces idées. L'aîné promet à son frère de le sauver s'ils dénoncent ses complices. Le puîné, attérré par l'offre de son frère, refuse de dénoncer ses amis et préfère mourir.

  C'est lors de la scène finale de la mise à mort du jeune frère que se cristallisent toutes les tensions. Le frère aîné trouve la force de donner l'ordre de tirer. Pour les deux hommes, qui restent braqués sur leurs positions, c'est l'idéologie qui prime sur l'humain.

     Ce film ouvre une réflexion sur le pouvoir du discours idéologique sur l'homme et sur la place de l'humain au sein d'un groupe.  Il permet également de réfléchir sur les limites de l'engagement et sur l'absurdité de toute guerre.

 

dimanche, juin 17, 2007

la science des rêves


       C'est la naissance d'une histoire d'amour entre deux êtres fragiles, fantaisistes, rêveurs, effrayés par le réel.  Ils sont à la fois sur la même longueur d'onde et s'effraient mutuellement. Le sentiment qu'ils éprouvent chacun à l'égard de l'autre est si fort, intense, réel que cela les destabilise.

       Le rêve est  représenté  dans son aspect nocturne et diurne (le plateau de télévision  sert de sas permettant de protéger le protagoniste de la réalité.  C'est également un bel hommage au cinéma, qui prend sa source dans la faculté de l'homme à produire des images, dans le rêve ou sur un plateau!

  Finalement, c'est une histoire d'amour simple et belle. Ca fait du bien de voir des films qui sortent du  projet  pédago-commercial du plaire à tout prix.

    On peut cependant reprocher à ce film de ne pas nous faire rêver. L'abondance d'images, ainsi que l'effort que fournit le spectateur à démêler le rêve de la réalité, empêchent ce dernier de se faire un film.