Ce film réunit le baroque à la science fiction. Le résultat en est utopique. L'arbre de la vie, incarnée dans ce film par l'Arbre du monde des Incas (qui donne la vie éternelle), est le noyau qui articule les différentes histoires. C'est grâce à son écorce que le chercheur parvient à faire rajeunir un singe. Malheureusement, il ne pourra pas appliquer le fruit de ses recherches à sa femme, qui meurt d'une tumeur.
Avant de mourir, sa compagne lui demande de terminer son roman. L'Arbre des Incas y figure également, car la reine d'Espagne demande à l'un de ses conquérants de trouver la fontaine de jouvence et l'Arbre de La vie évoquée dans la Bible. Elle lui signale que, dans le cas où il la trouverait, elle deviendrait alors son Eve. Déciément, les liens se tissent entre la fiction et la prétendue réalité. Car la quête adamique, ou le retour au paradis, est désiré tant par la reine et son conquérant que par le chercheur et l'écrivaine.
Le livre n'est pas achevé. Le conquérant est sur le point d'être tué par le roi maya, qui tente de défendre l'Arbre du Monde. Le chercheur, qui alors était obsédé par le désir de soigner sa compagne, transfère son obsession sur le conquérant. Ce dernier découvre l'Arbre et en en boit sa sève. La puissance de vie est si forte qu'il meurt. Cette explosion de vie, qui termine par la mort, rappelle l'utopie de cette entreprise. Elle rappelle également que la mort fait partie du cycle de la vie. Car la décomposition engendre la vie. L'écrivaine avait compris cela avant de mourir ,car elle disait à son chercheur de mari qu'elle allait mourir sereine. On assiste de fait à une inversion. L'écrivaine ne croit plus à cette quête folle de guérison ou de vie éternelle. Lui, si.
Jusqu' à ce qu'il termine le livre. Le film s'achève sur le chercheur, devant la tombe de sa femme. IL creuse un trou pour y enfouir une chataigne. Ensuite, il repense à elle, à leurs ébats. On voit une aisselle, des poils, la peau. ET là on pense que l'éternité réside de fait, non dans une croyance de vie éternelle, mais dans la mémoire dees souvenris partagés avec l'être aimé, des souvenirs si intenses qu'il gardera en mémoire jusqu'à sa mort.
D'une certaine façon, le film se donne sa propre mort en montrant que la folle quête de l'impossible ne peut que rendre malheureux