oliviercardineau

Les opposants à la politique de Nicolas Sarkozy

idéologie — Par olibre @ 16:12

       Au lieu de se tirer dans les pattes, les responsables socialistes feraient mieux de critiquer avec plus de poigne la politique de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal a évoqué la «drôle de coïncidence» entre la mise à sac de son appartement et le meeting qu’elle animait le lendemain à la maison de la chimie, alors qu’elle s’apprêtait à dénoncer « la mainmise du clan Sarkozy » sur la France. Je crois qu’elle n’exagère pas quand elle parle de «clan Sarkozy». Je dirais même qu’il s’agit d’une oligarchie médiatico-financière qui est en train de se mettre en place. Journaux, chaînes de télévision, maisons d'édition ; presque tous les médias sont dirigés par les amis du président ! Seules les enquêtes d’opinion et internet laissent transparaître le mécontentement des Français!

    Qu’attendent les Français des responsables politiques? Qu’ils soient présents pour exprimer leur mécontentement, pour critiquer les choix politiques du président et de son gouvernement. Quand ils dénoncent la mainmise du clan Sarkozy sur La France, Ségolène Royal et ses amis dépassent le clivage gauche/droite. Ils considèrent Nicolas Sarkozy comme un ennemi de la démocratie, tentant ainsi de rassembler les démocrates et les gaullistes attachés aux valeurs républicaines. Face à une oligarchie qui se durcit, elle fait le choix de COGNER. François Bayrou a aussi mis en évidence, de façon plus molle, les dessous-de-table avec l’affaire Tapie.

    C'est avec ardeur que Daniel Cohn Bendit , profondément européen, dénonce, lors d'une intervention au parlement européen, la vision passéiste, colonialiste de Nicolas Sarkozy sur l'immigration. Il critique également, dans son allocution, la passivité du président face aux problèmes environnementaux. Il dénonce enfin sa lâcheté, en acceptant l’invitation de la Chine aux Jeux Olympiques.  Je crois que Nicolas Sarkozy fait une grossière erreur. Car, en y allant, l'Union Européenne admet sa faiblesse économique face aux futurs maîtres du monde. Qui plus est, elle ne se place plus comme le chantre  des droits de l'homme et de la démocratie. 

     Même si c’est un rôle qu’il se prête, ça fait du bien de voir un responsable politique habité par sa fonction, la vivre avec passion. C’est finalement ce qui manque actuellement en politique. Le sacré, la ferveur, l’engagement sont laissés de côté au détriment du politiquement correct, du raisonnable, du fair-play.


Le socialisme et l'individu : une lecture du livre "Si la gauche veut des idées"

idéologie — Par olibre @ 09:12

                                                                                   Si être socialiste, c’est d’abord et avant tout vouloir la justice,

                                                                                   combattre les inégalités de toutes sortes, alors il n’y a peut-être

                                                                                   jamais eu autant de raisons d’être socialiste qu‘aujourd‘hui!

                                                                                                            Ségolène Royal, Si la gauche veut des idées, p306

      Je l’attendais avec impatience, ce livre. Un essai qui donne du poids à la parole de Ségolène Royal qui a été maintes fois tournée en dérision par ses camarades socialistes et ses adversaires politiques. J’ai toujours reproché à l’élue socialiste de ne pas avoir couché ses idées sur du papier. Cela aurait coupé l’herbe sous le pied à de nombreux détracteurs, qui la considéraient comme une écervelée. Dans ce livre, Alain Touraine et Ségolène Royal réfléchissent sur la mondialisation, l’enseignement, l’efficacité de la politique. Ce qui ressort de ce livre est la prise de conscience que le monde change, que la mondialisation a ébranlé tous les repères idéologiques, politiques, sociaux qui permettaient à l’homme de penser le monde, de se situer dans la société et d’améliorer son quotidien. D’après Alain Touraine, c’est désormais à l’individu qu’il faut s’adresser. Ségolène Royal rappelle qu’en France mai 68 a permis à chacun d’avoir la possibilité de s’épanouir, de s’inventer, ce qui est une responsabilité parfois difficile à porter : «Ce sont les personnes elles-mêmes qui doivent maintenant donner sens à leur propre vie. Ce n’est plus seulement la société, la classe sociale, la religion, les institutions ou la nation qui structurent la vie d’un individu » (p22). Afin de les y aider, les garanties collectives doivent permettre à chaque individu de s’épanouir et de trouver sa place dans le monde actuel. C’est à un nouveau socialisme que Ségolène appelle de ses vœux : un socialisme qui met l’homme au centre des préoccupations actuelles et qui le considère comme la clef de voûte du dynamisme économique, social et culturel du pays. De ce livre émergent trois questions qui font débat. J‘espère ne pas avoir galvaudé certaines idées.

 

L‘« Individuation » ou la socialisation? 

       Dans le livre paru aux éditions Grasset, Si la gauche veut des idées, Ségolène Royal et Alain Touraine insistent sur l’importance de l’individu dans la mondialisation. Selon le sociologue, il s’agit d’un nouvel individualisme qui dépasse les clivages politiques, les catégories socio-professionnelles, l’appartenance à la famille ou à une communauté. La mondialisation fait voler en éclats une certaine conception de la société qui considérait l’homme comme faisant partie d’un tout. Pour Alain Touraine, les individus ne se retrouvent plus dans un système globalisant, qui prétend résoudre les problèmes des citoyens. Les individus auraient selon lui perdu le goût des batailles collectives : « Le sens n‘est plus dans les choses; la réussite n‘est plus dans la conquête du monde. Le sens ne peut se trouver que dans la maîtrise de soi, la construction de soi, l’affirmation de soi comme être de droits.« (p40). Le combat se situe plutôt au niveau de la défense des minorités et des droits de l’homme. Pour le sociologue, il est temps que la société accepte de libérer l’individu et de le considérer comme « un être de droits» . Plutôt que de l’enfermer dans un système, « il faut (…) mettre les changements sociaux au service de la dignité et de la liberté des individus » (p11)       L’école doit suivre cette sensibilité en prenant en compte l‘individu dans sa politique éducative, afin de lui donner les outils pour qu’il devienne acteur de sa propre vie et lui donner des opportunités qui lui permettront d’effectuer des choix par rapport à son projet personnel. Car ce qui est formateur, c’est de remplacer l’autorité extérieure par une autorité intériorisée. Il s’oppose de fait à toute société qui encouragerait le communautarisme, le communisme : systèmes qui, selon lui, écrasent l’individu.

     Ségolène Royal constate l’individualisation de la société au niveau de la politique, lorsqu’elle remarque que le vote des électeurs ne correspond plus à la profession ou à la classe sociale :« les électeurs ont désormais acquis une autonomie et une liberté de pensée qui n’est que la conséquence du processus d’individualisation ». Pour elle, « les identités politiques ne sont plus figées. Elles se reconstruisent à chaque élection, en fonction des contextes sociaux et médiatiques, des enjeux, des candidats eux-mêmes »(p285). Elle approuve l’usage de la démocratie participative, car elle estime que dans la société actuelle les individus prennent plus facilement la parole et que le responsable politique se doit de les écouter s’il veut rester en phase avec la société qu’il représente, surtout s’il se présente comme le porte-parole des électeurs.

     La Présidente de Région refuse cependant l’opposition présentée par Alain Touraine entre l’individuation et la socialisation, quand ce dernier aborde la question de l’école. Pour elle, l’école doit continuer de remplir sa fonction de socialisation pour permettre à chaque individu de devenir citoyen. Elle ne parle pas d’«individuation » mais d’ «humain», quand elle affirme qu’il faut remettre l’homme au centre du système éducatif. Elle sait que la relation pédagogique est avant tout une relation humaine et qu’actuellement il est difficile pour un élève de prendre rendez-vous avec un enseignant hors de son cours. C’est pourquoi elle propose que les enseignants disposent de bureaux pour pouvoir recevoir le élèves et les accompagner dans leur apprentissage. Au niveau universitaire, elle estime que les enseignants doivent être récompensés pour les tâches pédagogiques qu’ils accomplissent et le suivi des étudiants. Remettre de l’humain dans le monde éducatif, c’est selon elle une façon de lutter contre les inégalités scolaires, sociales, et permettre à chaque individu de s’épanouir.

 

L’Etat ou la société?

    Pour Alain Touraine, les gouvernements successifs français ont principalement donné la priorité à l’Etat sur la société. Cependant, avec la globalisation de l’économie et l’arrivée des nouvelles technologies, le volontarisme économique n’est plus de mise, d’autant plus que « l’Europe a perdu sa position hégémonique » et que sa construction «est de moins en moins un projet politique et s’inscrit plutôt dans les transformations de l’économie mondiale »(p180). Pour que l’Etat retrouve sa capacité d’action, il faut que la France sorte de sa « gestion corporatiste » et d’«économie administrée ».

     Ségolène Royal approuve Alain Touraine en affirmant que «la France a toujours donné la priorité à l’Etat sur la société, à la loi sur la négociation »(p196). Afin de faire reculer «le centralisme, le bureaucratisme ou le dirigisme », elle propose une décentralisation qui donnera plus de poids aux collectivités territoriales, qui connaissent mieux le terrain. Cette décentralisation sera accompagnée d‘une démocratisation de la société (par une refonte des syndicats et une rénovation du dialogue sociale), et d’une démocratisation de la politique, en sollicitant les citoyens lors de débats nationaux ou de projets politiques. L’enjeu est donc de créer des garde- fou, car « Le pouvoir exécutif central, la centralisation, portent en eux-mêmes le risque d’autisme, d’inefficacité et de dérive vers le pouvoir solitaire du président de la république » (p205). Elle propose ainsi une VI république qui permettrait de donner une nouvelle impulsion à la société française en partant sur de nouvelles bases : une sorte de nouveau contrat social..

 

La politique a-t-elle encore un sens?

     Pour Alain Touraine, la révolution technologique, la nécessité de l’écologie et l’humanitarisme sont des réalités qui ont ébranlé les pouvoirs politiques, lesquels enfermés dans leur idéologie, nous invitent à ne plus voir la société à travers le règne de l‘économie. Pour le sociologue, l‘individu n’est plus défini dans son « appartenance à une classe, une nation, une famille ou à un autre type de communauté ». Il ne peut aspirer qu’à la revendication de soi, à être reconnu comme un être de droits. Le responsable politique devrait à ses yeux considérer la société dans laquelle il vit dans sa diversité culturelle et humaine : « Mais ce qui nous importe ici est que le centre de la vie sociale, aussi bien des espoirs que des conflits, se déplace de l‘ordre de l‘économie, et avant lui de l‘ordre du politique vers l‘ordre de l‘individu et de la conscience de soi. Ce n’est plus dans le champ économique que se situent les grands conflits et les choix principaux. » (p39)

     Alain Touraine fait également le constat que la mondialisation a affaibli tous nos systèmes de régulation sociale qui permettaient de maîtriser nos activités économiques. Il remarque également l’épuisement des partis politiques, qui ne prennent plus en compte la diversité de la population française et ses particularités. En ce qui concerne le Parti Socialiste, Alain Touraine pense que le rôle de Ségolène Royal est de rompre avec une « idéologie pseudo-révolutionnaire qui ne correspond à aucune analyse et ne correspond à aucun objectif concret »  (p267). Il l’invite à créer «un mouvement appuyé sur de nouvelles catégories sociales et surtout sur une analyse profondément renouvelée de la situation de la France et du monde ». (p266)

     Avant de réformer la France, il faut réformer le Parti Socialiste, qui contemple le monde à travers un système idéologique qui ne correspond plus avec la réalité des Français. Pour que ce dernier soit en phase avec les Français, Ségolène Royal propose d’«ouvrir le PS à de nouveaux militants et de nouvelles formes de militantisme », de soigner l’articulation entre le local et le national, pour ne plus proclamer des principes sans se soucier de leur application. Elle demande au Parti d’«affronter la réalité avec lucidité et radicalité », sans reléguer les problèmes de société à des thèmes de gauche ou de droite. La responsable politique réaffirme sa volonté farouche de lutter contre toute forme d’assistanat et prône un nouvel individualisme, qui permettrait à l’individu de s’épanouir. Car ce sont les garanties collectives qui permettront à chacun de réussir et de s’épanouir. C’est la raison pour laquelle elle croit à l’importance des services publics.

      Pour Ségolène Royal, c’est en misant sur le capital humain dans l’éducation, la formation, la recherche, et la culture, et en améliorant les conditions de travail des salariés que l’on créera de la valeur ajoutée, « parce que seule la capacité d’invention, d’imagination, d’innovation nous donnera un temps d’avance et nous permettra de créer les emplois de demain. » p112 Elle revendique la valeur travail comme une valeur de gauche , car «c’est d’abord la possibilité de s’y épanouir. Et donc le rendre plus humain dans tous les sens du terme: salaires, conditions de travail, perspectives de conciliation de la vie familiale et professionnelle » p47 Elle propose également la mise en place d’une sécurité sociale professionnelle qui permettra aux salariés de se sentir plus forts devant les grandes mutations.

     Elle appelle de ses vœux, non pas un Etat Providence, mais un Etat préventif qui intervient et investit prioritairement avant plutôt qu’après. Par exemple, pour échapper aux délocalisations et aux plans de licenciement, elle veut mettre en place «une stratégie de compétitivité par le haut » en mettant l’accent sur la formation des salariés, sur les investissements en recherche et en innovation des entreprises. Pour ce faire il faut selon elle repenser le dialogue social en optant pour un syndicalisme de masse (« Je suis absolument convaincue qu’il n’y aura pas de profondes réformes économiques durables sans une nouvelle frontière sociale. » p54), reconstruire le système d’enseignement supérieur en donnant aux Universités une meilleure gouvernance, un niveau élevé de financement et en contrepartie elles s’engageront à un suivi individualisé des élèves d’accompagnement vers l’emploi, développer le schéma travail-études pour rapprocher le travail en entreprise des études

     Sur le plan écologique, elle propose de créer un fonds « après-pétrole » financé par les profits de Total et par une partie des excédents d’EDF et d’Areva pour financer massivement les énergies renouvelables.(p49). Mais les enjeux environnementaux dépassent bien les frontières de la France. Ils sont d’ailleurs liés aux problèmes sociaux et à l’économie. Pour ce faire, elle propose de veiller à introduire dans les règles de l’OMC le respect de normes sociales et environnementales, de réformer le FMI et la Banque Mondiale, de mettre en place une taxe sur les flux financiers, de créer une Organisation mondiale de l’environnement ainsi qu’une Politique agricole commune mondiale pour organiser les marchés de manière plus juste et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement.

 

 

 

 

 


La démocratie « jusqu'au bout» , une des définitions du socialisme de demain

idéologie — Par olibre @ 16:48

    Gérard Genette a inventé le terme d'archilecteur pour désigner le lecteur idéal imaginé par chaque écrivain. Dans leurs contributions, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë ne s'adressent pas aux mêmes personnes. Il semble que tous les deux aient des archilecteurs différents. Alors que Madame Royal annonce ses idées sous la forme de slogans et met ses propositions en évidence, Monsieur Delanoë noircit sa contribution de longues phrases élégantes, rendant le texte compact et abscons pour un socialiste non versé dans la pratique quotidienne de la lecture. Ce constat n'enlève aucunement les qualités du maire de Paris, qui prouve sa sincérité dans son souci de cohérence entre sa réflexion et son action politique. Tous les deux se rejoignent sur de nombreues questions, comme l'Europe, l'économie française ou les questions internationales. Il en est une cependant qui les oppose, c'est la conception de la politique, et je dirai même, de la démocratie.

    Quand on lit la contribution du maire de Paris, on s'aperçoit qu'il traite de la question du parti socialiste en dernier, comme s'il la minimisait. Or il s'agit tout de même de choisir la personne qui sera la plus apte à diriger le premier parti d'opposition. Il me semble qu'avant de réformer le pays, il faut d'abord réformer de l'intérieur le parti. Est-il convaincu de l'importance d'une réforme? Dans son volet sur le socialisme, il est plutôt évasif, même s'il affirme haut et fort qu'il faut "changer au profondeur le fonctionnement du parti socialiste". Il ne fait aucune proposition, se contentant juste de noyer le poisson en disant qu'il faut "rendre toute (son) importance au travail des militants, organiser de manière vivante l'accueil des nouveaux adhérents, organiser des réseaux thématiques de travail où les adhérents peuvent croiser leurs propositions en fonction de leurs choix". Ce ne sont que des termes creux qui révèlent la vision élitiste, parisianiste d'un homme qui ne désire pas transformer le parti socialiste en parti populaire. Il considère de fait que la potitique est une affaire d'élus et d'intellectuels. D'ailleurs il ajoute que "la multitude d'individualités brillantes qui forment le parti socialiste devrait être conquérante pour l'espoir que nous représentons collectivement".

     Dans la contribution de Ségolène Royal, la réforme du parti socialiste est située en deuxième position, après la dénonciation de la mainmise du "clan Sarkozy" sur les médias et les institutions. Comme si la réforme du parti socialiste, qui se réaliserait pour elle par une démocratisation de son fonctionnement, s'imposait comme une réponse à la gouvernance de Nicolas Sarkozy. La Présidente de Poitou-Charentes définit le socialisme, non pas à partir d'un modèle économique, comme Bertrand Delanoë a pu le faire, mais par rapport à une doctrine politique. Pour elle, le socialisme du XXI ème siècle doit considérer la démocratie sous toutes ces formes (représentative, sociale et participative), comme un rempart, voire une solution, face aux problèmes engendrés par la mondialisation et le libéralisme sans foi ni loi.

     La première signataire aspire de fait à un "grand parti démocratique, populaire et de mobilisation sociale", qui se présente comme la métaphore de la société française. C'est pourquoi, pour respecter la diversité de la population française, la parité hommes / femmes et la diversité des origines seront exigées. L'utilisation de la démocratie participative dans le fonctionnement du parti socialiste permettra de consulter les militants sur les choix politiques afin que "les citoyens soient mis dans la confidence politique". Elle propose également des consultations participatives qui seront organisées lors de réunions publiques ou de forums sur internet, ainsi que des consultations militantes référendaires. Pour que le parti socialiste ne soit pas déconnecté des réalités, les associations et syndicats seront invités aux réunions de section et "leurs questions seront enregistrées et prises en compte par (les) instances statutaires". Elle annonce enfin la mise en place d'Universités socialistes de la connaissance dans chaque région afin de "redonner vigueur et importance à la formation et à la culture politique".

    Pour la Présidente de région, la démocratisation du parti permettra au paysage politique français de se doter d'un véritable parti d'opposition, populaire, qui défendra les idées qui seront liées aux préoccupations des Français. Le reponsable socialiste se voit alors attribué de nouveaux rôles : il devra déceler les problèmes que connaissent les Français, les traduire en des termes socio-économiques, afin de mieux les comprendre pour mieux les résoudre. il incombera aux responsables politiques de soigner l'articulation entre le local, le national et le mondial. La démocratie participative facilitera la jonction entre les trois niveaux.

     Pour Bertrand Delanoë et ses amis (Martine Aubry, Lionel Jospin), les responsables politiques sont des individus brillants qui pensent à la place et pour le bien du peuple. Ils estiment faire les bons choix et légitiment leurs décisions en affirmant que les Français les ont élus sur la base d'un programme! Ce qui signifie qu'un électeur qui a choisi de voter pour un candidat est forcément d'accord sur toutes ses idées... A l'heure d'internet, des enquêtes d'opinion, des médias, il n'est plus possible de faire fi de l'opinion des citoyens. La démocratie parlementaire est indispensable, mais elle ne suffit plus, car elle souffre depuis plusieurs années d'un manque de représentativité. Avec les nouveaux moyens de communication, les citoyens prennent la parole. Rappelons-nous l'effervescence populaire autour de la question européenne. Rappelons-nous également l'élection de Ségolène Royal durant les primaires socialistes. Doit-on continuer à fermer les yeux ou prenons-nous la décision de mettre en place une véritable démocratie d'opinion, qui, en lien avec la démocratie sociale et la démocratie représentative, réduira le fossé entre les électeurs et les élus? 


Le sentiment patriotique aide-t-il à construire l'Europe?

idéologie — Par olibre @ 22:41
Chronique
Quand Jean-Pierre Jouyet corrige Nicolas Sarkozy, par Thomas Ferenczi
LE MONDE | 27.03.08 | 14h37  •  Mis à jour le 27.03.08 | 14h37

e secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, s'emploie, avec une constance digne d'éloges, à "européaniser" la parole officielle de la France. Nicolas Sarkozy est en effet plus enclin à célébrer la nation que l'Europe. M. Jouyet est là pour veiller au grain et rééquilibrer le verbe présidentiel, en y ajoutant, aussi diplomatiquement que possible, une dimension européenne. Quand le chef de l'Etat exalte le retour de la France en Europe, M. Jouyet complète la formule en annonçant aussi le retour de l'Europe en France. Au premier le plaisir de faire vibrer le patriotisme de ses compatriotes, au second la tâche de ménager les susceptibilités de leurs voisins.

 

Ce mécanisme de compensation a permis l'adoption par le Conseil européen du projet français d'Union pour la Méditerranée, dont M. Sarkozy voulait exclure, dans un premier temps, les Etats européens non riverains. Sous la pression d'Angela Merkel, et conformément à la thèse défendue par M. Jouyet, le président de la République a fini par accepter que tous les pays de l'Union y soient associés. C'était la condition pour que chacun s'y rallie. Chaque fois que M. Sarkozy donne l'impression de faire cavalier seul, au risque d'irriter ses partenaires européens, le secrétaire d'Etat ne ménage pas ses efforts pour prouver que la France sait "jouer collectif", comme il l'a affirmé en début d'année à Bruxelles.

Il lui appartient de rappeler que la mémoire de la patrie est indissociable de celle de l'Europe. Quand M. Sarkozy rend hommage, dans un beau discours, au dernier "poilu" de la guerre de 1914-1918, Lazare Ponticelli, mort le 12 mars à l'âge de 110 ans, il note, au détour d'une phrase, que l'Europe s'est enfin décidée à "faire la paix avec elle-même", mais ne dit mot du projet européen en tant que tel ni de la réconciliation avec l'Allemagne. M. Jouyet va réparer en partie l'oubli. Habilement, sur son blog (www.jpjouyet.eu), il rapproche cet événement de la mort de Gilles Polin, sergent français de l'Eufor, la force européenne envoyée au Tchad pour protéger les populations chassées par la guerre du Darfour.

"1914-2008, écrit-il. L'un incarnait le drame d'une Europe qui se déchire, l'autre témoignait de la volonté d'une Europe pacifiée et unie de se projeter dans le monde pour défendre des valeurs universelles." Les deux morts se répondent. "Deux destins, mais une même émotion, ajoute M. Jouyet. Lazare Ponticelli portait la mémoire de tous ses camarades morts pour la France, Gilles Polin porte désormais celle de ceux morts pour la France au service de l'Europe." De la France à l'Europe, la continuité est nettement affirmée.

Le lendemain de l'hommage aux combattants de la première guerre, M. Sarkozy honore sur le plateau des Glières les résistants de la seconde, "qui ont défendu les armes à la main l'indépendance de la France et la liberté de la France". Dans son discours, qui ne mentionne ni l'Europe ni l'Allemagne, il choisit de mettre l'accent sur "l'identité nationale". Certes, selon l'agence Reuters, il précise qu'il s'est engagé dans la construction de l'Europe "pour que justement on ne connaisse plus ça", c'est-à-dire la guerre. Mais cette allusion ne figure pas dans son allocution officielle.

On n'accusera pas M. Sarkozy d'être indifférent à l'Europe. On ne lui reprochera pas non plus de commémorer les grandes dates de l'histoire de France. Il a raison de dire que le patriotisme, qui est "l'amour de son pays", n'a rien à voir avec le nationalisme, qui est "la détestation des autres". Il est dans son rôle lorsqu'il soutient qu'"on ne construit pas son avenir en oubliant son passé". Mais pourquoi ne met-il pas à profit les cérémonies du souvenir pour défendre aussi, auprès des Français, l'idée européenne ?

 


Courriel : ferenczi@lemonde.fr

 

 

 


Gilles de ROBIEN veut faire PEUR aux Amiénois

idéologie — Par olibre @ 20:21

                   

 

      Voilà à quoi se résume le dernier argument de campagne de Gilles de ROBIEN, qui est en ballotage défavorable face au candidat de la gauche, Gilles Demailly : LA CHASSE A LA SORCIERE. Avec son slogan, "C'est important pour Amiens : voter Gilles de Robien", le maire sortant insiste sur un danger imminent qui menace la mairie d'Amiens : la gauche. Effectivement, il ravive les peurs anciennes en rappelant le pasé communiste de la ville. Je me demande cependant si le rôle d'un homme politique est bien de faire pression sur les gens en jouant sur la peur, réaction irrationnelle par excellence.  Un homme politique doit au contraire convaincre ses électeurs sur un projet cohérent, fédérateur, qui vise à l'efficacité, et qui réponde à des préoccupations actuelles et futures. Force est de constater que Monsieur De Robien est à bout d'arguments ; il panique, perd pied, sent qu'il n'est plus en phase avec les habitants de sa ville. Il est de fait déconnecté des réalités. Il ne s'est pas rendu compte que le mécontentement grondait depuis plusieurs mois sur la ville. Les Amiénois et l'opposition ne sont pas écoutés, les projets architecturaux sont onéreux, la spéculation immobilière bat son plein. le lien social et culturel se délite.
      Je crois que le projet de Gilles Demailly  répond à ce problème, car il prévoit la mise en place  d'assemblées citoyennes, qui permettront d'abord aux citoyens de contrôler, d'évaluer l'action politique de leurs élus, ensuite aux élus de prendre le pouls de la population et de rester en phase avec la réalité.  De plus, il est spécifié, dans le programme de la gauche, que la place de  l'opposition sera redonnée. Enfin, Gilles DEMAILLY s'oppose au cumul des mandats. Il ne risquera pas de déserter sa future mairie pendant plusieurs années, comme a pu le faire son prédécesseur...

Pour une idéologie du terrain

idéologie — Par olibre @ 22:17

     Le concept de démocratie participative a été décrié durant la dernière campagne présidentielle. Certains ont pensé que cela permettait à la candidate socialiste d'avoir des idées, puisqu'il est bien connu qu'une énarque n'en possède pas! D'autres ont affirmé que ce n'était pas la rue qui gouvernait, qu'il y avait des politiques pour cela! Enfin, quelques uns ont ajouté que cela ne servait à rien, car les gens qui participaient à ces réunions avaient un lien étroit avec la politique. Ces réunions n'étaient donc pas représentatives de l'ensemble des Français.

     Lorsque Ségolène Royal a énuméré ses cent propositions lors du discours de Villepinte, je me suis demandé quelles étaient les mesures qui émanaient de ces réunions participatives. Après tout, ne serait-ce plutôt pas une illusion de démocratie, un stratagème pour faire du neuf sur de l'ancien et contourner un Parti Socialiste si peu populaire? La candidate a avoué peu après que, même si des "idées neuves" avaient émergé de ces Cahiers d'espérance (comme les tarifications bancaires, ou le soutien scolaire), ces cahiers dénonçaient ce qui ne marchait pas dans la société actuelle. Le Cahier d'espérance se transformait brutalement en cahier des pleurs. C'est, d'après elle, à ce moment-là qu'elle s'est rendu compte que le SMIC à 1500 euros ne passait pas dans l'opinion, car les gens se sont longtemps demandé s'il s'agissait d'un SMIC à 1500 euros brut ou net. S'il était brut, cela ne servait alors à rien. S'il était net, cela aurait créé un écrasement dans la grille des salaires.

     Tout ceci pour dire que la démocratie participative permet de prendre le pouls de la société. Je crois que c'est une occasion pour la démocratie de "respirer", car les gens peuvent se défouler et s'exprimer. Je crois également que cela permet aux politiques de rester en phase avec la société, composée d'électeurs et d'électrices. Ces chers élus souvent éclairés ont tendance à oublier qu'un mandat se mérite. Je crois enfin que le fait d'associer les gens à la vie politique et aux décisions, même si c'est souvent illusoire, favorise l'adhésion populaire face aux réformes et renforce la crédibilité du discours politique.

       Lionel Jospin et d'autres socialistes pensent que le fait d'être élu leur permet de prendre des décisions sans consulter le peuple. Après tout, ils ont été élus sur un programme et sortent de l'ENA. Ils sont donc plus intelligents et savent ce qui est bon pour le peuple. Je crois que cette vision de la politique ne fonctionne plus avec la société actuelle. En effet, une profonde crise politique et idéologique ravage la France depuis des dizaines d'années. Les gens ne se reconnaissent plus dans la gauche. Les derniers rendez-vous électoraux en témoignent. Pourquoi? J'ai souvent cru que la gauche n'était pas assez idéologique. En fait, c'est tout le contraire. La gauche continue de s'enfermer dans son idéologie. Les 35 heures ont été un excellent exemple idéologique, pas du tout populaire. Ce que les gens voulaient à l'époque, c'était plus de pouvoir d'achat. Or comment travailler moins sans dépenser plus? Tous les économistes rappelleront que, dans notre société actuelle, quand on ne travaille pas, on dépense.

      Les 35 heures ont-ils été expérimentés au niveau local? Car, ce qui manque à la gauche, c'est la "concrétude"! Le Parti socialiste est un parti d'élus et d'intellectuels parisiens. Il ne représente ni La France, ni les Français. Faire de la micro-politique n'est pas envisageable pour ces gens-là. Je crois néanmoins que tout parti politique a intérêt à soigner l'articulation entre les innovations locales et la politique nationale. Car ce qui marche sur le terrain doit être théorisé et appliqué au nivau national. C'est à une idéologie du terrain que la gauche doit s'appliquer à mettre en oeuvre. En consultant ses adhérents, les électeurs, en les associant aux décisions politiques. En leur montrant également qu'il est toujours possible de prôner l'humain sur l'économie. Car l'une des différences majeures entre la gauche et la droite, c'est que l'économie est au service de l'homme, non l'inverse. Etre de gauche, c'est désirer que la politique crée les conditions socio-économiques pour que les gens puissent changer le cours de leur vie.

 

 


"Mettre les gens avant l'idéologie"?

idéologie — Par olibre @ 19:58

A Boston, Ségolène Royal imagine son PS idéal

LE MONDE | 05.02.08 |

Boston (Etats-Unis), Sylvain Cypel, envoyé spécial

     "Travailler sur nous-mêmes", "ne pas se replier dans le confort idéologique", "trouver des solutions neuves aux problèmes de notre temps" : à Boston, lundi soir 4 février, à l'invitation du Centre d'études européennes de l'Université Harvard, Ségolène Royal planchait devant une cinquantaine d'étudiants et quelques enseignants sur le thème "Refonder la gauche européenne". Ou, traduit par une auditrice démocrate fascinée par Barack Obama : "Comment redonner vie à un parti à un parti rigide et vieux jeu"

      Mme Royal a dépeint un PS vieux jeu, qu'elle veut changer pour préserver l'essentiel : "Ce pour quoi nous avons toujours lutté, la valeur égale de chaque individu." C'est, a-t-elle clamé, ce qu'ont fait les sociaux-démocrates suédois ou danois, le Labour britannique ou encore les gauches italienne et espagnole – bref, ceux qui l'ont récemment emporté. Dans la société "bien organisée" à laquelle aspire la dirigeante socialiste, "les droits de chacun sont contrebalancés par les responsabilités de tous".

      Devant son auditoire américain, elle a fait sienne la "valorisation du capital humain" prônée par Robert Reich, l'ancien ministre du travail de Bill Clinton. "La question est moins : comment résister aux changements? que : comment diriger le changement pour le meilleur?" Autrement dit : comment "mettre les gens avant l'idéologie?" Mme Royal propose de suivre le célèbre précepte de Thomas Jefferson, selon lequel une société se bâtit "du bas vers le haut".

     Pour redevenir attractif, le PS doit "se démocratiser, consulter régulièrement les adhérents, mais aussi les sympathisants", dit-elle. Il doit "cesser de faire de la politique à partir des livres" et n'avoir peur de s'approprier aucun sujet, a-t-elle martelé. Sécurité, efficacité économique, immigration, "identité nationale, patriotisme et même la religion sont au plus haut de nos préoccupations". Objectif : ne pas laisser le terrain à la droite. Pour renouveler les idées socialistes, Mme Royal attend beaucoup des think tanks, ces groupes intellectuels de réflexion qui, "aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ont réalisé un travail formidable en aidant les partis de gauche à redessiner leurs politiques".

     Sur le plan organisationnel, l'exemple italien, où plus d'un million de personnes ont participé à un vote sur les orientations du nouveau Parti démocrate, lui apparaît la voie à suivre. Elle rêve de "plusieurs millions de personnes qui tranchent les débats", car "plus la base d'un parti est étroite, plus il a de mal à remettre ses dogmes en cause".

     Mieux, "un leader est plus légitimé à 5 millions de votants qu'avec 150 000" – le nombre des adhérents au Parti socialiste. Une fois sa mue réalisé, le PS sera alors en mesure de diriger une "large coalition" allant du centre gauche via le Modem aux altermondialistes, à l'instar des alliances qui se mettent en place pour les élections municipales.

     Interrogée sur les problèmes ethniques et d'immigration, MmeRoyal a insisté sur le "refus du communautarisme". La grande majorité de l'auditoire, pour qui le terme de communauté est fondateur des identités "conjuguées" (africain-américain, italo-américain, hispano-américain, etc.), n'a pas saisi de quoi Mme Royal parlait.


Pauvre France. Merci l'Europe!

idéologie — Par olibre @ 17:42

     J'ai appris aujourd'hui, en lisant une dépêche de l'AFP, que "La France a été condamnée mardi (hier) pour discrimination sexuelle par la Cour européenne des droits de l'homme pour avoir refusé le droit d'adopter un enfant à une enseignante lesbienne". Selon l'auteure de ces mots, "l'arrêt aura des conséquences importantes pour tous les célibataires homosexuels car désormais "la France ne peut plus refuser un agrément à une personne célibataire en raison de son homosexualité et il en sera de même pour tous les autres pays membres du Conseil de l'Europe"

      J'ai honte de l'image que nous donnons à l'étranger. Alors que nous étions le premier pays dans l'Histoire à défendre la liberté et l'égalité des droits de l'homme, nous avons été le dernier pays européen à accorder le droit de vote aux femmes et probablement nous serons l'un des derniers à reconnaître le droit des homosexuels au mariage.

       Le choix d'un Président conservateur s'inscrit pleinement dans cette régression sociale. Rappelons que ce dernier n'admet pas, au même titre que certains qui se donnent des airs de gauche (je parle de François Bayrou), que les homosexuels obtiennent les mêmes droits que les hétérosexuels. Les homosexuels seraient donc, pour ces conservateurs, des sous-hommes, puisqu'ils auraient les mêmes devoirs que les autres, mais pas les mêmes droits! L'injustice ne leur écorche pas la gueule à ces gens-là!

      Quel beau pays avons-nous! Un pays qui a porté à la Présidentielle, en 2002, un candidat d'extrême droite! Un pays qui considère un "vieux de la vieille" comme le nouvel homme (je parle de l'ascension de Bayrou qui, rappelons-le, a porté atteinte à la laïcité en 1993). Enfin, le clou du spectacle : les socialistes. Rappelons que Dominique Strauss Kahn a qualifié, durant les primaires socialistes,  la politique de Ségolène Royal de "fiches cuisine" et que Laurent Fabius s'est rendu malade pour savoir "qui (allait) garder les enfants à la maison". Lamentable, mais vrai.

 


On a le Président qu'on mérite

idéologie — Par olibre @ 22:02

"Le Président s'amuse pendant que la France souffre" S. Royal

idéologie — Par olibre @ 21:53


La dictature de l'Opinion

idéologie — Par olibre @ 12:04
   J'ai bien aimé le face face Pujadas/Béart le lundi 19 novembre au journal de 20 heures. Le journaliste avait invité l'actrice au sujet de son engagement auprès des personnes qui revendiquaient le droit de se loger dignement. Monsieur Pujadas avait demandé à Emmanuelle Béart si sa prise de position ne ternirait pas son image. L'actrice, choquée par cette remarque, avait rétorqué qu'elle se préoccupait plus de savoir si elle répondait à l'attente de ses personnes en quête de logement plutôt que de son image. Elle se situait au niveau des idées, lui au niveau de l'apparence, de l'opinion. Dommage pour un journaliste. 

   Il est vrai qu'elle ne s'inscrit pas dans cette lignée de stars, de journalistes, de présentateurs télé et de certains politiques qui soignent leur image en jetant continuellement un oeil sur les enquêtes d'opinion. Car si vous ne le saviez pas, eh bien je vous apprends que c'est L'Opinion qui gouverne La France. Pas la rue, je vous rassure. Rappelons que la campagne présidentielle s'est déroulée au rythme des sondages ; que le Président de la République a les yeux rivés sur les enquêtes d'opinion pour décider de ce qu'il doit faire ou pas.

     Ce qui est dommage, c'est qu'on fait fi des gens qui font grève et qui manifestent pour rappeler aux politiques qu'ils existent. Non, on préfère s'intéresser à une opinion qui n'est pas palpable, qui ne se dénombre pas, qui est inventée de toutes pièces par des instituts de sondage.


Zorro ne repartira pas de sitôt

idéologie — Par olibre @ 22:48

Plantu, le Monde, mardi 06 novembre 2007

    Etait-il nécessaire que Nicolas Sarkozy aille au Tchad pour retrouver les journalistes et les hôtesses de l'air? Il continue de cultiver son image d'homme actif, sans doute pour faire diversion, car de nombreux problèmes ne sont pas encore résolus. Le pouvoir d'achat est la préoccupation majeure des Français. Qu'a-t-il fait? Il devait réformer l'indice des prix. L'a-t-il fait? Je le revois encore lors d'une réunion avec les représentants des syndicats. Il leur faisait comprendre que l'argent ne tombait pas du ciel, qu'il dépendait d'un système, qu'il n'y pouvait rien. Je me suis à ce moment-là demandé à quoi cela servait d'élire un Président de La république, si celui-ci ne pouvait rien faire.

    Les enquêtes d'opinion montrent actuellement que les Français approuvent l'hyperactivité du Président. Il fait des choses. Il bouge. Sarkozy est aussi rusé que Zorro, qui veut dire renard en espagnol. Il fait croire aux gens que c'est en supprimant les régimes spéciaux, le nombre de fonctionnaires et en créant les franchises médicales que le pays ira mieux. Alors que ce sont des mesures exclusivement idéologiques, comme le paquet fiscal, destiné aux riches, qui coûte à la France 15 milliards d'euros!

     Rappelons qu'en France l'économie et les mass médias sont intimement liés. On sait que Monsieur Sarkozy a été élu grâce aux nombreux soutiens médiatico-financiers qui l'entouraient. Je crois qu'il n'y aura de véritable refondation de la gauche sans une réflexion sérieuse et approfondie sur le rôle que l'Etat doit jouer avec les médias et l'économie. L'Etat doit permettre aux medias de rester indépendants et à l'économie d'être au service de l'homme, et non l'inverse. Si l'on veut créer des emplois, sécuriser les salariés dans leur travail, alors l'Etat doit être présent. Il doit sanctionner, contrôler, réguler. Sinon, il ne garantira pas une société plus juste qui, à mon avis, est source de dynamisme économique.


Sarkozy, marchand de tapis!

idéologie — Par olibre @ 20:19

 

dessin de Jul

     Alors que le pouvoir d'achat est la préoccupation majeure des Français, le président Sarkozy s'augmente de 140%!! Même si, au premier abord, il semble normal que le Président touche plus que le premier ministre (celui-ci touchant 17 ou 18 000 euros par mois), je trouve malgré tout cette augmentation immorale, choquante,  surtout quand on se dit Président de tous les Français, riches et pauvres compris. Ajoutons que les 6000 euros qu'empochait Monsieur Sarkozy tous les mois, c'était de l'argent de poche, car tout lui est payé, des déplacements au logement en passant par la nourriture.

 

Ne parlons pas du train de vie de l'Etat, qui, selon des sources sures, a sensiblement augmenté. Et ces fameux conseils des ministres ambulants, combien coûtent-ils au contribuable? Et l'écologie dans tout cela? Ils se téléportent nos chers ministres quand ils se déplacent en Corse? Monsieur Sarkozy aurait même avoué qu'il comptait bien faire un tour en Outre mer...

Chers amis, ceux qui n'ont pas voté pour le candidat Sarkozy le savaient. Les Français ont élu au sommet de l'Etat un marchand de tapis, un marchand de rêves qui endort en jetant de la poudre aux yeux. J'attends avec impatience le jour où les Français se réveilleront.

 

 


un double divorce (Plantu, le Monde, le 19 octobre)

idéologie — Par olibre @ 14:50

    En ce jeudi 18 octobre avait lieu le premier choc social entre le gouvernement du président Nicolas Sarkozy et les syndicats de cheminots, qui avaient appelé à la grève pour que les dirigeants retirent leur loi sur les régimes spécifiques de retraite. En ce même jour était annoncé officiellement le divorce entre Nicolas et Cécilia Sarkozy. Pur hasard ou tactique pour faire diversion et ainsi minimiser la tension sociale?

 

    Le Petit Robert définit la grève comme "une cessation volontaire et collective du travail, décidée par les salariés dans un but revendicatif". Dans ce dessin, Plantu associe le divorce et la grève en mettant en scène la séparation du couple présidentiel dans une gare délaissée par les grévistes. On peut interpréter le départ de Cécilia comme une grève, puisqu'elle cesse toute activité amoureuse avec son partenaire.

    C'est également à un double divorce que nous assistons : celui du couple présidentiel, et celui du gouvernement avec une partie de la population française.

 

    La robe de cécilia, habillée en Marie-Antoinette, la couronne que porte Nicolas Sarkozy, ainsi que la toile d'araignée qui se trouve à côté du train abandonné sur la voie, rappellent que les grèves, comme les séparations, font partie de l'histoire des français. Tout ceci banalise également le paradoxe des Français, attachés à des droits démocratiques, qui par ailleurs considèrent leur président comme un roi. Louis XVI n'est donc pas encore mort...

 

 


La France en faillite? (Charlie hebdo, le 26 septembre 2007)

idéologie — Par olibre @ 23:20

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