oliviercardineau

Henry Bauchau, Le boulevard périphérique

Citation du jour — Par olibre @ 20:26

"Je suis le père sans argent. Pourquoi pas? Mais dans sa structure intime le père est celui qui peut aider. Qui peut aider avec de l'argent. A ce moment de désolation, je sens une main qui cherche la mienne, une main qui me semble glacée et veut se réchauffer dans les miennes. Je prends la main de Paule dans mes mains, il n'y a pas de paroles. Paule, la tête tournée de l'autre côté, participe à une conversation entre femmes que je ne cherche pas à entendre. Il y a cette main abandonnée dans les deux miennes, qui m'évoque toutes les petites mains d'enfants, confiantes, heureuses, que j'ai tenues et qui ont si souvent éclairé, adouci l'âpreté de ma façon de vivre. Il y a que je suis l'homme sans argent, fragilisé par l'âge mais dont les mains réchauffent encore. Encore un peu. Il y a que, dans notre commun chagrin, dans la commune humiliation de nos deux faiblesses, elle a pris ma main. Dans nos trois mains s'égrènent par mouvements imperceptibles le chapelet d'aphtes, le chapelet des portes du boulevard périphérique. A ce moment je ne me souviens plus d'aucune prière et Paule n'en a sans doute jamais connu. Ensuite il n'y a rien. C'est comme si une grande machine aspirante avait avalé le reste de cette journée. Argile, sans doute, a senti quil était temps de partir et je l'ai suivie."

 


Henri Bauchau, Le boulevard périphérique

Citation du jour — Par olibre @ 18:01

 

"Ce n'est pas moi qu'il admire, mais cette forme déliée, un peu grêle, un peu aiguë de l'homme qui est en moi. L'homme qui jette ses actes et sa semence, qui ne porte pas d'enfant, qui ne porte pas la durée. L'homme éphémère, joueur, qui s'amuse avec le rocher. Jamais je n'ai compris comme en cet instant combien l'homme, le mâle, est gratuit en somme, fait pour le jeu, la guerre". p22


Metin Arditi, La Pension Marguerite : une écriture qui résonne

Livres — Par olibre @ 15:24

 

      D'abord la citation de Sophocle. Elle figure dès les premières pages du livre et nous invite à comparer le parcours d'OEdipe, qui accomplit son destin en ayant une relation sexuelle avec sa mère, à celui inversé d'Aldo qui, à la lecture des notes intimes de sa mère, se rappelle qu'il a lui aussi eu une relation sexuelle avec la sienne. Autre parallèle. A l'instar de Jocaste, la mère d'Aldo, ne pouvant supporter l'acte qu'elle a commis, se suicide.

     Ensuite, le psychanalyste de la mère d'Aldo, qui reçoit les notes intimes peu après le suicide de celle-ci. Ce dernier remet finalement le document à Aldo, car, d'après lui,  ces notes ont été écrites plus pour son fils que pour lui. Le psychanalyste espère de cette façon qu'Aldo pardonnera à sa mère, qu'il comprendra que l'amour donné est souvent imparfait : "J'espère que cette lecture vous aidera, dans l'impossible démarche qui consiste à ne pas juger ceux qui nous ont aimés comme ils ont pu". p19

     Dans ses écrits, la mère dit avoir découvert que son père à elle était loin d'être un héros de guerre, mais un bourgeois marié et infidèle. Elle confie également sa frustration d'avoir été dépossédée de son rôle de mère, ravi par Marguerite. Son père n'était donc pas un vrai père pour elle. Et elle n'était pas non plus une vraie mère pour son fils, Aldo. Et le père d'Aldo? Une marionnette! C'est en faisant le ventriloque que la mère convoquait son mari et réunissait ainsi sa petite famille. Elle jouait le rôle du père pour attirer l'attention d'Aldo et l'enlever des bras de Marguerite. Elle compare cette convocation à une vraie jouissance. Comme le signalait son psychanalyste à sa patiente, "la ventriloquie vous faisait vous retrouver en vos deux Aldo, en ces instants vous ne faisiez qu'un avec eux" p119 Le psychanalyste la rassure malgré tout en lui affirmant qu'elle a donné beaucoup à son fils en lui donnant un père.

    Et la musique dans tout cela? Comme les cordes, comme les différents fils qui tiennent la marionnette, la musique rattachait Aldo à son passé, tout en lui faisant oublier ce qu'il avait vécu. Le violon se présente comme la métaphore d'Aldo (Aldo/Alto) par l'intermédiaire de la brèche dans le bois du violon, qu'il croit plus ouverte. Ce sont les "notes" de sa mère qui ravivent la brèche qu'il tentait de refermer. A cause de cette brèche, il a l'impression d'entendre  "un gémissement à travers une paroi"p34

    Quant à l'écriture, elle oeuvre comme une caisse de résonance. Les mots comme "notes" ou "Aldo" résonnent et renforcent le lien entre le passé et le présent. "Les cordes" du violon et les "cordes vocales" tranchées par la mère lors de son suicide montrent également que le passé et le présent vont de concert. Le fil symbolise aussi le lien entre le passé et le présent. La marionnette tenue par la mère devait représenter le père. Avec le recul, elle représente également Aldo adulte tenu par les fils du secret, de l'interdit. Comme par hasard, au pluriel fil devient "fils". C'est donc une écriture qui fait vibrer toutes ces cordes, tous ces fils, pour montrer que le passé résonne avec le présent. 

 

 


Gilles de ROBIEN veut faire PEUR aux Amiénois

idéologie — Par olibre @ 20:21

                   

 

      Voilà à quoi se résume le dernier argument de campagne de Gilles de ROBIEN, qui est en ballotage défavorable face au candidat de la gauche, Gilles Demailly : LA CHASSE A LA SORCIERE. Avec son slogan, "C'est important pour Amiens : voter Gilles de Robien", le maire sortant insiste sur un danger imminent qui menace la mairie d'Amiens : la gauche. Effectivement, il ravive les peurs anciennes en rappelant le pasé communiste de la ville. Je me demande cependant si le rôle d'un homme politique est bien de faire pression sur les gens en jouant sur la peur, réaction irrationnelle par excellence.  Un homme politique doit au contraire convaincre ses électeurs sur un projet cohérent, fédérateur, qui vise à l'efficacité, et qui réponde à des préoccupations actuelles et futures. Force est de constater que Monsieur De Robien est à bout d'arguments ; il panique, perd pied, sent qu'il n'est plus en phase avec les habitants de sa ville. Il est de fait déconnecté des réalités. Il ne s'est pas rendu compte que le mécontentement grondait depuis plusieurs mois sur la ville. Les Amiénois et l'opposition ne sont pas écoutés, les projets architecturaux sont onéreux, la spéculation immobilière bat son plein. le lien social et culturel se délite.
      Je crois que le projet de Gilles Demailly  répond à ce problème, car il prévoit la mise en place  d'assemblées citoyennes, qui permettront d'abord aux citoyens de contrôler, d'évaluer l'action politique de leurs élus, ensuite aux élus de prendre le pouls de la population et de rester en phase avec la réalité.  De plus, il est spécifié, dans le programme de la gauche, que la place de  l'opposition sera redonnée. Enfin, Gilles DEMAILLY s'oppose au cumul des mandats. Il ne risquera pas de déserter sa future mairie pendant plusieurs années, comme a pu le faire son prédécesseur...

APEROLIVRES

Apérolivres — Par olibre @ 17:23
           Le mardi 11 mars, à 19 heures

        Quel est votre héros de roman préféré?

Animateur : Olivier Cardineau

Lieu:

Bulles Café

11, rue du Chapeau de violettes (à deux pas des Halles)

80 000 Amiens

http://www.bullescafe.fr/

http://laperolivres.kouaa-blog.com/

Questionnaire:

La nature du héros:

Est-ce un personnage humain ou animal?

S'il est humain, ressemble-t-il aux autres personnages?

Les personnages secondaires peuvent-ils être des héros?

Pourquoi y-a-t-il identification avec le lecteur?

Est-ce un héros purement fictionnel ou est-il emprunté à la réalité?

La place du héros dans le roman:

Un héros est-il toujours un protagoniste?

Votre héros ne serait-il pas un anti-héros?

Peut-il y avoir plusieurs héros dans un roman?

Votre héros préféré l'a-t-il été depuis le début ou le devient-il?

La qualité du héros:

Est-ce un personnage vertueux ou médiocre?

Un personnage médiocre peut-il être un héros de roman ?

Existe-t-il des "héros odieux"?

Quelles sont, selon vous, les raisons qui expliquent l'attrait qu'exercent ces personnages odieux ?

L'identification avec le héros:

Que faites-vous avec votre héros? Vous l'aimez? Vous l'admirez? Vous l'imitez?

Est-ce un besoin chez l'homme d'admirer un héros?

3)la place du héros préféré dans votre vie:

Ce héros vous suit-il dans votre vie?

Vous aide-t-il à prendre des décisions?

Peut-on avoir plusieurs héros préférés?


La Reine du monde, Jacques Julliard (résumé)

Livres — Par olibre @ 20:40
La Reine du monde : Essai sur la démocratie d'opinion

"Voter pour un parti est un arbitrage difficile.

Je suis censé approuver pendant cinq ans

tout ce qu'il a proposé. Quel abus de pouvoir!"

p101

      Dans l'essai intitulé La Reine du monde, Jacques Julliard traite de l'émergence de l'opinion dans le débat démocratique. Il part de situations concrètes, comme le référendum de 2005 ou l'élection de Ségolène Royal lors des primaires socialistes. Cette nouvelle opposition composée d'hommes et de femmes constitue aujourd'hui la classe militante, "cette catégorie de citoyens qui ne se reconnaît ni dans l'élite ni dans la masse résignée", et qui aspire à la reconnaissance, au débat. Pour l'auteur, la révolution de l'information et de la communication a joué un rôle fondamental dans l'émergence de l'opinion durant le référendum de 2005. La prolifération des blogs et des forums participatifs ont permis à de nombreux citoyens de devenir écrivains, de donner leur opinion. Alors que les élites et les éditorialistes prônaient le "oui", la classe militante s'insurgeait contre ces "émetteurs d'opinion" qui à leurs yeux manquaient de représentativité.

       Puis, il y a eu celle que les élites n'attendaient pas, et qui a été plébiscitée d'abord par des milliers de personnes, puis par des millions de Français. Jacques Julliard reconnaît que si ségolène Royal est parvenue à réunir près de 17 millions d'élécteurs, "c'est que le mouvement d'opinion qui l'a portée devait être fort et très nouveau" p22. En fait, ajoute-t-il plus loin, "le peuple la reconnaissait comme porte-parole du non-dit politique, la restauratrice des pouvoirs qu'on lui avait confisqués" p25

     Il accuse de fait la démocratie représentative de ne plus tenir compte de l'Opinion. Même si elle est nécessaire pour l'ordre public, elle reste faussement démocratique, car elle cache de fait un système parfaitement oligarchique. Il prend l'exemple de la désignation d'un candidat au sein d'un parti politique. On pourrait croire que c'est la base qui désigne des élus, qui s'entendent ensuite sur les dirigeants. Or "ce sont les dirigeants appuyés sur leurs militants répartis en courants disciplinés qui désignent les candidats" p24.

      Le système représentatif est dépassé, car "l'idée qu'en élisant un homme ou une majorité parlementaire le corps électoral est censé avoir ratifié en bloc l'ensemble des orientations des candidats, cette idée-là est une pure fiction" p33. Depuis l'existence des enquêtes d'opinion, les manifestations, internet et les médias, "le monopole du suffrage comme expression de la volonté générale n'est plus défendable" p34.

      Pour l'auteur, l'intégration de la pluralité d'expression des opinions dans les institutions par la pratique raisonnée du référendum résoudrait la crise de représentativité dans nos démocraties modernes. Car "si l'on veut réconcilier les textes et le peuple, il faudra bien se décider à lui faire une place. Ce serait aussi l'occasion de dire un peu plus précisément ce que l'on attend par opinion (...) En vérité, il n'y a pas une opinion unique. Il n'y a pas d'opinion publique. Il y a sur un sujet donné des opinions du public" p101-102 L'auteur propose également la mise en place d'assemblées primaires de citoyens permettant aux citoyens de se faire une opinion et aux élus d'en tenir compte. Enfin, il est favorable à la participation de l'opinion pour la désignation des candidats aux élections.

     Jacques Julliard conclut en arrivant au même constat que Ségolène Royal : il faut gouverner en s'appuyant sur la démocratie sociale (repenser le dialogue avec les syndicats), la démocratie parlementaire et la démocratie d'opinion afin d' "associer les citoyens à l'élaboration des lois les plus fondamentales". L'auteur avoue que l'élection de Ségolène Royal aura eu un avant et un après. car, à présent, "le corps des citoyens ne se laissera plus imposer ses candidats.

 


Pour une idéologie du terrain

idéologie — Par olibre @ 22:17

     Le concept de démocratie participative a été décrié durant la dernière campagne présidentielle. Certains ont pensé que cela permettait à la candidate socialiste d'avoir des idées, puisqu'il est bien connu qu'une énarque n'en possède pas! D'autres ont affirmé que ce n'était pas la rue qui gouvernait, qu'il y avait des politiques pour cela! Enfin, quelques uns ont ajouté que cela ne servait à rien, car les gens qui participaient à ces réunions avaient un lien étroit avec la politique. Ces réunions n'étaient donc pas représentatives de l'ensemble des Français.

     Lorsque Ségolène Royal a énuméré ses cent propositions lors du discours de Villepinte, je me suis demandé quelles étaient les mesures qui émanaient de ces réunions participatives. Après tout, ne serait-ce plutôt pas une illusion de démocratie, un stratagème pour faire du neuf sur de l'ancien et contourner un Parti Socialiste si peu populaire? La candidate a avoué peu après que, même si des "idées neuves" avaient émergé de ces Cahiers d'espérance (comme les tarifications bancaires, ou le soutien scolaire), ces cahiers dénonçaient ce qui ne marchait pas dans la société actuelle. Le Cahier d'espérance se transformait brutalement en cahier des pleurs. C'est, d'après elle, à ce moment-là qu'elle s'est rendu compte que le SMIC à 1500 euros ne passait pas dans l'opinion, car les gens se sont longtemps demandé s'il s'agissait d'un SMIC à 1500 euros brut ou net. S'il était brut, cela ne servait alors à rien. S'il était net, cela aurait créé un écrasement dans la grille des salaires.

     Tout ceci pour dire que la démocratie participative permet de prendre le pouls de la société. Je crois que c'est une occasion pour la démocratie de "respirer", car les gens peuvent se défouler et s'exprimer. Je crois également que cela permet aux politiques de rester en phase avec la société, composée d'électeurs et d'électrices. Ces chers élus souvent éclairés ont tendance à oublier qu'un mandat se mérite. Je crois enfin que le fait d'associer les gens à la vie politique et aux décisions, même si c'est souvent illusoire, favorise l'adhésion populaire face aux réformes et renforce la crédibilité du discours politique.

       Lionel Jospin et d'autres socialistes pensent que le fait d'être élu leur permet de prendre des décisions sans consulter le peuple. Après tout, ils ont été élus sur un programme et sortent de l'ENA. Ils sont donc plus intelligents et savent ce qui est bon pour le peuple. Je crois que cette vision de la politique ne fonctionne plus avec la société actuelle. En effet, une profonde crise politique et idéologique ravage la France depuis des dizaines d'années. Les gens ne se reconnaissent plus dans la gauche. Les derniers rendez-vous électoraux en témoignent. Pourquoi? J'ai souvent cru que la gauche n'était pas assez idéologique. En fait, c'est tout le contraire. La gauche continue de s'enfermer dans son idéologie. Les 35 heures ont été un excellent exemple idéologique, pas du tout populaire. Ce que les gens voulaient à l'époque, c'était plus de pouvoir d'achat. Or comment travailler moins sans dépenser plus? Tous les économistes rappelleront que, dans notre société actuelle, quand on ne travaille pas, on dépense.

      Les 35 heures ont-ils été expérimentés au niveau local? Car, ce qui manque à la gauche, c'est la "concrétude"! Le Parti socialiste est un parti d'élus et d'intellectuels parisiens. Il ne représente ni La France, ni les Français. Faire de la micro-politique n'est pas envisageable pour ces gens-là. Je crois néanmoins que tout parti politique a intérêt à soigner l'articulation entre les innovations locales et la politique nationale. Car ce qui marche sur le terrain doit être théorisé et appliqué au nivau national. C'est à une idéologie du terrain que la gauche doit s'appliquer à mettre en oeuvre. En consultant ses adhérents, les électeurs, en les associant aux décisions politiques. En leur montrant également qu'il est toujours possible de prôner l'humain sur l'économie. Car l'une des différences majeures entre la gauche et la droite, c'est que l'économie est au service de l'homme, non l'inverse. Etre de gauche, c'est désirer que la politique crée les conditions socio-économiques pour que les gens puissent changer le cours de leur vie.

 

 


"Mettre les gens avant l'idéologie"?

idéologie — Par olibre @ 19:58

A Boston, Ségolène Royal imagine son PS idéal

LE MONDE | 05.02.08 |

Boston (Etats-Unis), Sylvain Cypel, envoyé spécial

     "Travailler sur nous-mêmes", "ne pas se replier dans le confort idéologique", "trouver des solutions neuves aux problèmes de notre temps" : à Boston, lundi soir 4 février, à l'invitation du Centre d'études européennes de l'Université Harvard, Ségolène Royal planchait devant une cinquantaine d'étudiants et quelques enseignants sur le thème "Refonder la gauche européenne". Ou, traduit par une auditrice démocrate fascinée par Barack Obama : "Comment redonner vie à un parti à un parti rigide et vieux jeu"

      Mme Royal a dépeint un PS vieux jeu, qu'elle veut changer pour préserver l'essentiel : "Ce pour quoi nous avons toujours lutté, la valeur égale de chaque individu." C'est, a-t-elle clamé, ce qu'ont fait les sociaux-démocrates suédois ou danois, le Labour britannique ou encore les gauches italienne et espagnole – bref, ceux qui l'ont récemment emporté. Dans la société "bien organisée" à laquelle aspire la dirigeante socialiste, "les droits de chacun sont contrebalancés par les responsabilités de tous".

      Devant son auditoire américain, elle a fait sienne la "valorisation du capital humain" prônée par Robert Reich, l'ancien ministre du travail de Bill Clinton. "La question est moins : comment résister aux changements? que : comment diriger le changement pour le meilleur?" Autrement dit : comment "mettre les gens avant l'idéologie?" Mme Royal propose de suivre le célèbre précepte de Thomas Jefferson, selon lequel une société se bâtit "du bas vers le haut".

     Pour redevenir attractif, le PS doit "se démocratiser, consulter régulièrement les adhérents, mais aussi les sympathisants", dit-elle. Il doit "cesser de faire de la politique à partir des livres" et n'avoir peur de s'approprier aucun sujet, a-t-elle martelé. Sécurité, efficacité économique, immigration, "identité nationale, patriotisme et même la religion sont au plus haut de nos préoccupations". Objectif : ne pas laisser le terrain à la droite. Pour renouveler les idées socialistes, Mme Royal attend beaucoup des think tanks, ces groupes intellectuels de réflexion qui, "aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ont réalisé un travail formidable en aidant les partis de gauche à redessiner leurs politiques".

     Sur le plan organisationnel, l'exemple italien, où plus d'un million de personnes ont participé à un vote sur les orientations du nouveau Parti démocrate, lui apparaît la voie à suivre. Elle rêve de "plusieurs millions de personnes qui tranchent les débats", car "plus la base d'un parti est étroite, plus il a de mal à remettre ses dogmes en cause".

     Mieux, "un leader est plus légitimé à 5 millions de votants qu'avec 150 000" – le nombre des adhérents au Parti socialiste. Une fois sa mue réalisé, le PS sera alors en mesure de diriger une "large coalition" allant du centre gauche via le Modem aux altermondialistes, à l'instar des alliances qui se mettent en place pour les élections municipales.

     Interrogée sur les problèmes ethniques et d'immigration, MmeRoyal a insisté sur le "refus du communautarisme". La grande majorité de l'auditoire, pour qui le terme de communauté est fondateur des identités "conjuguées" (africain-américain, italo-américain, hispano-américain, etc.), n'a pas saisi de quoi Mme Royal parlait.


Apprendre à comprendre, à chercher et à écrire

pédagogie — Par olibre @ 15:23

Tâche actionnelle : raconter l'itinéraire d'un homme qui a côtoyé l'histoire.

Documents : "El profesor Gálvez" de Luis Sepúlveda, Ritmos, terminale

                  "Pasado imperfecto de indicativo", de Carlos Giménez

     La séquence en question s'appuie sur un texte de Luis Sepúlveda qui rend hommage à un professeur d'espagnol, chilien d'origine, qui a soutenu Salvador Allende, a vécu le coup d'Etat de Pinochet. Il raconte l'itinéraire de cet homme engagé qui a cherché son fils disparu pendant de nombreuses années et s'est exilé en Allemagne après le décès de ce dernier, décédé des séquelles de la torture. Le repérage des indicateurs de temps, des connecteurs logiques, et des allusions au contexte historique ont permis aux élèves de lire le texte par objectif et de dégager les différents étapes de l'itinéraire du protagoniste.

      Après avoir relevé la langue qui permet de raconter l'itinéraire, les élèves devaient exposer à l'écrit, de façon chronologique, les différents moments de la vie du professeur :

11 de septiembre de 1973 : -golpe de Estado

-el profesor Gálvez enseñaba castellanoUn día : su hijo fue secuestrado pr los militares, la policíaDurante dos años : buscó a su hijoEn 1979 : lo encontró, lo sacó de la cárcel y lo envió a la República Federal AlemanaEn 1981 : -murió el hijo

-El profesor voló a Alemania a asistir a los funeralesA los pocos días : -regresó a Chile

-tuvo que irse de Chile porque le acusaron de haber realizado

actividades subversivas en la RFA

-Vivió en HamburgoA los dos o tres meses : vendía periódicos a la entrada del metroAl medio año : daba clases de castellanoEn 1984 : Viajaron a Madrid

      Après avoir dégagé l'itinéraire de Carlos Gálvez, j'ai demandé aux élèves de me présenter le père et le fils à l'oral d'abord, puis à l'écrit chez eux, en reprenant les expressions utilisées en cours :

-Se llama don carlos Galvez. Era profesor de castellano en una pequena escuela rural cerca de Cillan en el sur de chile. Rondaba los sesenta años.Era viudo. Tenía un hijo que cursaba estudios de agronomía (étude scientifique des problèmes que pose la pratique de l'agriculture). Era socialista, laico y le gustaba beber vino tinto.

El hijo cursaba estudios de agronomía en la Universidad de Concepción. Fue encarcelado y torturado. Su padre lo sacó de la cárcel y lo ayudó a exiliarse hacia Alemania. Estaba "convertido en una ruina", estaba grave, adebilitado, traumatizado. El hijo murió. El lector puede pensar que la causa de la muerte está relacionada con el trauma que vivió el hijo. El padre viajó a Alemania para asistir a los funerales

     

      La présentation du fils a permis de "monter d'un cran", c'est-à-dire de passer de la compréhension globale à la compréhension approfondie. En effet, la disparition du fils, son arrestation et sa mort ont invité les élèves à réfléchir sur le contexte historique. C'est la raison pour laquelle, en relisant certaines phrases du texte, ils ont compris qu'il existait un lien entre l'engagement politique du père, la séquestration du fils et le coup d'Etat. J'ai clos le commentaire du texte en demandant aux élèves de réfléchir sur la fonction développée dans le texte. Car le texte rend hommage à un homme engagé et le portrait est loin d'être neutre.

      Forts de la compréhension du texte et de la langue étudiée, les élèves ont étudié la planche de Carlos Giménez, qui présente l'histoire du franquisme à travers le parcours d'un Espagnol engagé auprès des Républicains, des résistants français, puis des syndicats clandestins ouvriers. Les élèves devaient raconter l'itinéraire de Mariano au passé, en utilisant les indicateurs de temps, les connecteurs logiques, le vocubulaire sur la dictature et sur la répression dégagés lors de l'étude du texte de Luis Sepúlveda. En équipe, ils ont effectué des recherches au CDI et se sont entraînés à compulser les dictionnaires, les encyclopédies et les manuels d'espagnol afin d'"éclairer leurs lanternes".

      J'insiste sur l'importance de cet étape. Rappelons que nos élèves ont peu l'occasion de se confronter à des articles de presse, à compulser des encyclopédies et des dictionnaires. La recherche documentaire s'inscrit pleinement dans le cadre de la pédagogie actionnelle, car les élèves construisent leur propre accès au savoir. Ils mettent ainsi en place, au fil de leurs visites au CDI, des stratégies de recherche.

    La copie que je propose a été conçue et rédigée par une équipe de quatre élèves. Les élèves ont essayé de réemployer des indicateurs de temps (a los diez años, durante, rondar los 60 años), des verbes de mouvement (exiliarse a, volver a), des expressions telles "ser tragado por" (utiliser maladroitement, comme vous pourrez le constater), "ser viudo", "llegar al poder", "la cárcel". J'ai noté généreusement, car j'ai pris en compte le sérieux des élèves par rapport aux recherches qu'ils ont menées au CDI. Ce travail compte comme une évaluation formative, car il signale à l'élève ce qui est acquis et ce qui doit l'être avant l'évluation sommative.

 

 


Pauvre France. Merci l'Europe!

idéologie — Par olibre @ 17:42

     J'ai appris aujourd'hui, en lisant une dépêche de l'AFP, que "La France a été condamnée mardi (hier) pour discrimination sexuelle par la Cour européenne des droits de l'homme pour avoir refusé le droit d'adopter un enfant à une enseignante lesbienne". Selon l'auteure de ces mots, "l'arrêt aura des conséquences importantes pour tous les célibataires homosexuels car désormais "la France ne peut plus refuser un agrément à une personne célibataire en raison de son homosexualité et il en sera de même pour tous les autres pays membres du Conseil de l'Europe"

      J'ai honte de l'image que nous donnons à l'étranger. Alors que nous étions le premier pays dans l'Histoire à défendre la liberté et l'égalité des droits de l'homme, nous avons été le dernier pays européen à accorder le droit de vote aux femmes et probablement nous serons l'un des derniers à reconnaître le droit des homosexuels au mariage.

       Le choix d'un Président conservateur s'inscrit pleinement dans cette régression sociale. Rappelons que ce dernier n'admet pas, au même titre que certains qui se donnent des airs de gauche (je parle de François Bayrou), que les homosexuels obtiennent les mêmes droits que les hétérosexuels. Les homosexuels seraient donc, pour ces conservateurs, des sous-hommes, puisqu'ils auraient les mêmes devoirs que les autres, mais pas les mêmes droits! L'injustice ne leur écorche pas la gueule à ces gens-là!

      Quel beau pays avons-nous! Un pays qui a porté à la Présidentielle, en 2002, un candidat d'extrême droite! Un pays qui considère un "vieux de la vieille" comme le nouvel homme (je parle de l'ascension de Bayrou qui, rappelons-le, a porté atteinte à la laïcité en 1993). Enfin, le clou du spectacle : les socialistes. Rappelons que Dominique Strauss Kahn a qualifié, durant les primaires socialistes,  la politique de Ségolène Royal de "fiches cuisine" et que Laurent Fabius s'est rendu malade pour savoir "qui (allait) garder les enfants à la maison". Lamentable, mais vrai.

 


Sylvain Trudel, Le souffle de l'harmattan

Citation du jour — Par olibre @ 16:36

 

J'ai vu que ça brûle mal, le passé, et les souvenirs itou, vu qu'il en reste toujours des débris, même après, quand le feu a tout mangé, il en reste toujours quelque chose comme une odeur secrète, de l'invisible qui brûlera jamais.

Le souffle de l'harmattan de Sylvain Trudel


On a le Président qu'on mérite

idéologie — Par olibre @ 22:02

Citation du jour

Livres — Par olibre @ 13:10

Personne peut envahir la pensée parce que la pensée c'est l'exil et que chacun a l'exil qu'il désire.

Le souffle de l'harmattan , Sylvain Trudel

 


"Le Président s'amuse pendant que la France souffre" S. Royal

idéologie — Par olibre @ 21:53


Lithium ou le suicide de Blanche Neige

Musique — Par olibre @ 12:26

  


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