oliviercardineau

la escritura de Pío BAROJA : una pintura social siempre de actualidad.

Citation du jour — Par olibre @ 21:30

    "Era, en general, toda la gente que allí habitaba gente descentrada, que vivía en el continuo aplanamiento producido por la eterna e irremediable miseria; muchos cambiaban de oficio, como un reptil de piel; otros no lo tenían; algunos peones de carpintero, de albañil, a consecuencia de su falta de iniciativa, de comprensión y de habilidad, no podían pasar de peones. Había también gitanos, esquiladores de mulas y perros, y no faltaban cargadores, barberos ambulantes y saltimbanquis. Casi todos ellos, si se terciaba, robaban lo que podían; todos presentaban el mismo aspecto de miseria y de consunción. Todos sentían una rabia constante, que se manifestaba en imprecaciones furiosas y en blasfemias.

   Vivían como hundidos en las sombras de un sueño profundo, sin formarse idea clara de su vida, sin aspiraciones, ni planes, ni proyectos, ni nada."

                                                        Pío BAROJA, La busca, Alianza Editorial, p89-90.


La visite de la fanfare, film d'Eran Kolirin

Cinéma — Par olibre @ 14:05

La Visite de la fanfare

     C'est un film musical qui nous fait écouter le silence qui sépare les Egyptiens des Israeliens. J'entends par "silence" le décalage qui existe entre deux cultures, l'incompréhension qu'une langue à moitié partagée, l'anglais, peine à modifier. C'est la musique, les regards, les moments partagés dans le silence, qui vont permettre aux personnages d'entrer en contact, de parler de leurs vies, d'échanger un bref instant avant de se séparer. La musique serait d'une certaine manière la langue universelle qui unirait les peuples dans la paix. Très beau film, agréable à regarder et à écouter.

 

 

 


La démocratie « jusqu'au bout» , une des définitions du socialisme de demain

idéologie — Par olibre @ 16:48

    Gérard Genette a inventé le terme d'archilecteur pour désigner le lecteur idéal imaginé par chaque écrivain. Dans leurs contributions, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë ne s'adressent pas aux mêmes personnes. Il semble que tous les deux aient des archilecteurs différents. Alors que Madame Royal annonce ses idées sous la forme de slogans et met ses propositions en évidence, Monsieur Delanoë noircit sa contribution de longues phrases élégantes, rendant le texte compact et abscons pour un socialiste non versé dans la pratique quotidienne de la lecture. Ce constat n'enlève aucunement les qualités du maire de Paris, qui prouve sa sincérité dans son souci de cohérence entre sa réflexion et son action politique. Tous les deux se rejoignent sur de nombreues questions, comme l'Europe, l'économie française ou les questions internationales. Il en est une cependant qui les oppose, c'est la conception de la politique, et je dirai même, de la démocratie.

    Quand on lit la contribution du maire de Paris, on s'aperçoit qu'il traite de la question du parti socialiste en dernier, comme s'il la minimisait. Or il s'agit tout de même de choisir la personne qui sera la plus apte à diriger le premier parti d'opposition. Il me semble qu'avant de réformer le pays, il faut d'abord réformer de l'intérieur le parti. Est-il convaincu de l'importance d'une réforme? Dans son volet sur le socialisme, il est plutôt évasif, même s'il affirme haut et fort qu'il faut "changer au profondeur le fonctionnement du parti socialiste". Il ne fait aucune proposition, se contentant juste de noyer le poisson en disant qu'il faut "rendre toute (son) importance au travail des militants, organiser de manière vivante l'accueil des nouveaux adhérents, organiser des réseaux thématiques de travail où les adhérents peuvent croiser leurs propositions en fonction de leurs choix". Ce ne sont que des termes creux qui révèlent la vision élitiste, parisianiste d'un homme qui ne désire pas transformer le parti socialiste en parti populaire. Il considère de fait que la potitique est une affaire d'élus et d'intellectuels. D'ailleurs il ajoute que "la multitude d'individualités brillantes qui forment le parti socialiste devrait être conquérante pour l'espoir que nous représentons collectivement".

     Dans la contribution de Ségolène Royal, la réforme du parti socialiste est située en deuxième position, après la dénonciation de la mainmise du "clan Sarkozy" sur les médias et les institutions. Comme si la réforme du parti socialiste, qui se réaliserait pour elle par une démocratisation de son fonctionnement, s'imposait comme une réponse à la gouvernance de Nicolas Sarkozy. La Présidente de Poitou-Charentes définit le socialisme, non pas à partir d'un modèle économique, comme Bertrand Delanoë a pu le faire, mais par rapport à une doctrine politique. Pour elle, le socialisme du XXI ème siècle doit considérer la démocratie sous toutes ces formes (représentative, sociale et participative), comme un rempart, voire une solution, face aux problèmes engendrés par la mondialisation et le libéralisme sans foi ni loi.

     La première signataire aspire de fait à un "grand parti démocratique, populaire et de mobilisation sociale", qui se présente comme la métaphore de la société française. C'est pourquoi, pour respecter la diversité de la population française, la parité hommes / femmes et la diversité des origines seront exigées. L'utilisation de la démocratie participative dans le fonctionnement du parti socialiste permettra de consulter les militants sur les choix politiques afin que "les citoyens soient mis dans la confidence politique". Elle propose également des consultations participatives qui seront organisées lors de réunions publiques ou de forums sur internet, ainsi que des consultations militantes référendaires. Pour que le parti socialiste ne soit pas déconnecté des réalités, les associations et syndicats seront invités aux réunions de section et "leurs questions seront enregistrées et prises en compte par (les) instances statutaires". Elle annonce enfin la mise en place d'Universités socialistes de la connaissance dans chaque région afin de "redonner vigueur et importance à la formation et à la culture politique".

    Pour la Présidente de région, la démocratisation du parti permettra au paysage politique français de se doter d'un véritable parti d'opposition, populaire, qui défendra les idées qui seront liées aux préoccupations des Français. Le reponsable socialiste se voit alors attribué de nouveaux rôles : il devra déceler les problèmes que connaissent les Français, les traduire en des termes socio-économiques, afin de mieux les comprendre pour mieux les résoudre. il incombera aux responsables politiques de soigner l'articulation entre le local, le national et le mondial. La démocratie participative facilitera la jonction entre les trois niveaux.

     Pour Bertrand Delanoë et ses amis (Martine Aubry, Lionel Jospin), les responsables politiques sont des individus brillants qui pensent à la place et pour le bien du peuple. Ils estiment faire les bons choix et légitiment leurs décisions en affirmant que les Français les ont élus sur la base d'un programme! Ce qui signifie qu'un électeur qui a choisi de voter pour un candidat est forcément d'accord sur toutes ses idées... A l'heure d'internet, des enquêtes d'opinion, des médias, il n'est plus possible de faire fi de l'opinion des citoyens. La démocratie parlementaire est indispensable, mais elle ne suffit plus, car elle souffre depuis plusieurs années d'un manque de représentativité. Avec les nouveaux moyens de communication, les citoyens prennent la parole. Rappelons-nous l'effervescence populaire autour de la question européenne. Rappelons-nous également l'élection de Ségolène Royal durant les primaires socialistes. Doit-on continuer à fermer les yeux ou prenons-nous la décision de mettre en place une véritable démocratie d'opinion, qui, en lien avec la démocratie sociale et la démocratie représentative, réduira le fossé entre les électeurs et les élus? 


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