La Dolce vita me manque
"Il aura suffi d'un coeur
En panne de coeur
Pour que la flamme
Se consume
Il aurait suffi d'un peu d'amour encore
Pour que la flamme
Se rallume"
Zazie
"Il aura suffi d'un coeur
En panne de coeur
Pour que la flamme
Se consume
Il aurait suffi d'un peu d'amour encore
Pour que la flamme
Se rallume"
Zazie
Hervé était coquet. Il aimait l'ostentation et soignait toujours sa tenue. Je le revois encore, fier de diriger les Petits Chanteurs de Notre-Dame, avec une belle chasuble qu'il avait achetée à Paris. Je garde aussi l'image d'un grand technicien du chant. La pureté, la souplesse et la couleur de la voix lui étaient chères. Il aimait la musique romantique, mais c'était un être baroque. De tous ces feux et de sa personnalité peu banale, il brillait.
Hervé était généreux. Combien de fois m'a-t-il invité à déjeuner, le vendredi midi, entre deux cours, moi qui vivais alors chichement. Hervé était sensible. Il pleurait souvent, d'émotion quand on chantait, de chagrin quand on le contrariait. Il aimait être aimé, désiré, adulé. Ses appels téléphoniques à des heures indues nous empêchaient de dormir, nous ses chanteurs, mais on sentait qu'il en avait besoin, qu'il voulait partager ou même revivre, avec nous, l'émotion d'un concert, ou d'un morceau interprété durant la journée.
Pour moi, Hervé restera un Maître. D'abord, un maître de vie, car il m' a appris qu'avec la ténacité et le travail la fatalité n'existait pas. Lui qui était voué à travailler dans une étude d'architecte, il a su gérer son travail et sa vie de famille pour étudier le chant et en faire son métier. C'est ensuite à mes yeux un maître de chant. Nos voix sont à présent orphelines, lui savait si bien les manier. C'est enfin, et c'est peut-être le plus important, un chef de choeur. C'était cela son don : faire battre des coeurs. Et sans nul doute il y est parvenu.
Merci Hervé.
Amiens le 01 mai 2008