oliviercardineau

Lithium ou le suicide de Blanche Neige

Musique — Par olibre @ 12:26

  


La dictature de l'Opinion

idéologie — Par olibre @ 12:04
   J'ai bien aimé le face face Pujadas/Béart le lundi 19 novembre au journal de 20 heures. Le journaliste avait invité l'actrice au sujet de son engagement auprès des personnes qui revendiquaient le droit de se loger dignement. Monsieur Pujadas avait demandé à Emmanuelle Béart si sa prise de position ne ternirait pas son image. L'actrice, choquée par cette remarque, avait rétorqué qu'elle se préoccupait plus de savoir si elle répondait à l'attente de ses personnes en quête de logement plutôt que de son image. Elle se situait au niveau des idées, lui au niveau de l'apparence, de l'opinion. Dommage pour un journaliste. 

   Il est vrai qu'elle ne s'inscrit pas dans cette lignée de stars, de journalistes, de présentateurs télé et de certains politiques qui soignent leur image en jetant continuellement un oeil sur les enquêtes d'opinion. Car si vous ne le saviez pas, eh bien je vous apprends que c'est L'Opinion qui gouverne La France. Pas la rue, je vous rassure. Rappelons que la campagne présidentielle s'est déroulée au rythme des sondages ; que le Président de la République a les yeux rivés sur les enquêtes d'opinion pour décider de ce qu'il doit faire ou pas.

     Ce qui est dommage, c'est qu'on fait fi des gens qui font grève et qui manifestent pour rappeler aux politiques qu'ils existent. Non, on préfère s'intéresser à une opinion qui n'est pas palpable, qui ne se dénombre pas, qui est inventée de toutes pièces par des instituts de sondage.


L'interaction au coeur de la pédagogie actionnelle

pédagogie — Par olibre @ 19:24
L’enfant montre, puis raconte avant de pouvoir

expliquer. Il n’imagine rien sans mise en scène.

Henri Wallon

   Le Cadre Européen Commun de Référence pour les langues place la communication comme principal objectif à atteindre dans une classe de langues. Selon le texte, l'enseignant ne doit plus considérer l’espagnol comme un objet d’étude, mais bien comme un outil qui permet d’accéder à la compréhension des documents et à l’expression personnelle de l'élève. Celui-ci quitte alors une attitude passive pour devenir acteur du cours et de son apprentissage. Cette conception de l’enseignement prépare l’élève à l’autonomie, à la vie en société et à des situations de communication futures.

1 les stratégies d'apprentissage

   Mettre l'élève en activité demande de la part de l'enseignant une connaissance des processus cognitifs sollicités lors d’une activité langagière. Lorsqu'une personne lit ou écoute, elle met inconsciemment en place des stratégies afin de comprendre le plus efficacement possible le message qui lui a été transmis. On appelle "stratégie d'apprentissage" une opération mentale qui intervient sur des informations ou des données en vue d'en assurer la manipulation et/ou le traitement. Certaines stratégies semblent se développer spontanément (l’autorépétition), d'autres n'apparaissent que si elles sont enseignées.

   Au fur et à mesure que l'enfant grandit, le traitement sémantique devient stratégique. La proportion des élèves qui prennent des notes et soulignent augmente. Les stratégies, comme l'autorépétition ou l'autoévaluation de la compréhension, sont mobilisées et utilisées spontanément dans des tâches simples. Quand la tâche se complexifie, elles sont moins efficaces car trop coûteuses sur le plan cognitif. C'est pourquoi l'automatisation des stratégies constitue un objectif à atteindre afin que les ressources restantes soient affectées aux activités de "haut niveau" propres à la tâche elle-même.

   Après diverses lectures, j'ai pu dégager trois sortes de stratégies : les stratégies cognitives, métacognitives et socio-affectives. Nous ne parlerons ici que des deux premières. Grâce aux stratégies cognitives, l'élève accède à la compréhension d'un document. L'inférence, le repérage, la comparaison, la sélection, la classification, la schématisation et la traduction sont les processus cognitifs qui mettent en place les stratégies d'apprentissage dites "cognitives". Afin d'encourager ces processus, le professeur entraîne l'élève à repérer et souligner les mots clés ou les phrases importantes d'un texte, à induire ou déduire le sens des mots en les comparant à d'autres, à segmenter le document en différentes parties, à réaliser un schéma ou un tableau pour mieux comprendre, à prendre des notes ou à traduire un mot, une phrase ou un passage du texte étudié. Les activités de compréhension permettent également de dégager du vocabulaire et des structures qui seront étudiés et réemployés en classe, et mémorisés à la maison.

    Lorsque l'élève s'exprime, il reformule, répète, s'autocorrige, s'adapte et mime pour se faire comprendre. En sollicitant ces processus cognitifs, l'élève met ainsi en place des stratégies cognitives de communication. Ces dernières, pour être efficaces, doivent être accompagnées de stratégies métacognitives. L'organisation du travail, l'attention portée à la tâche qui est en train de s'accomplir, l'autogestion (comprendre les conditions qui facilitent l'apprentissage de la langue), l'autocorrection, l'auto-évaluation, l'identification du problème (comprendre le but d'une tâche ou d'un exercice) sont des stratégies qui optimisent les chances de mémorisation et d'assimilation des connaissances, facilitant l'autonomie et l'apprentissage.

     On peut se demander quelle place ces stratégies d'apprentissage doivent prendre dans le cours de langues vivantes. Selon mon expérience, le professeur responsable d'une classe en difficultés scolaires doit entraîner ses élèves à aborder un document à partir des activités d'apprentissage, puisque ces dernières permettront aux élèves de comprendre de façon globale et approfondie le document sur lequel ils travaillent, mais aussi de stimuler leurs processus cognitifs.

2 L'interaction, une stratégie d'enseignement

     En collège, le recours aux activités d'apprentissage est également fondamental, puisque celles-ci permettent à l'élève d'accéder au document, de dégager une langue qui sera réemployée et mémorisée. En lycée, le recours à l'interaction est un excellent moyen pour mettre les élèves en situation d'apprentissage et de communication et les rendre ainsi actifs. Les bienfaits de l’interaction dans la construction mentale ont été mis en avant par Piaget, pour qui l'être humain est en permanence sollicité par son environnement physique ou social auquel il est contraint de s'adapter. Les études expérimentales réalisées dans ce cadre théorique ont montré que, pour aboutir à des progrès cognitifs, les interactions sociales devaient donner lieu à un conflit sociocognitif. Confrontés à une situation-problème à résoudre, les partenaires d'une interaction doivent, d'une part, présenter une différence de centrations cognitives (point de vue, méthodes, réponses) et, d'autre part, rechercher une réponse commune au problème.

    En lycée, on peut lancer l'interaction de diverses façons. A la suite de deux lectures (une expressive, une autre silencieuse) ou de deux premières écoutes, l'enseignant invite son public à confier ses impressions, à émettre des doutes sur le document proposé. Voilà pourquoi l'usage des modalisateurs, comme "quizás", tal vez", "acaso", est vivement conseillé dès les premières heures de cours. Les premières impressions données, l'enseignant intervient pour demander aux camarades de confirmer ou d'infirmer ce qui vient d'être dit. Le recours à la justification par le texte invite l'élève à se servir de la langue de l'auteur. Lorsque l'élève demande un mot au profeseur, ce dernier veillera à regarder si ce mot ou un synonyme ne figure pas dans le document, car la langue que le document contient est bien plus authentique que celle de son humble serviteur.

    L'interaction peut être relancée par une "situation-problème" qui viendrait de l'intervention d'un élève qui, par un effet de lecture, commettrait un contresens. L'enseignant, sans aucune humiliation, reprend ce que vient de dire l'élève et demande l'avis de ses camarades. La situation-problème peut également venir du texte lui même. Le professeur, par la relecture d'une phrase ou d'un passage, demande aux élèves d'expliquer la teneur de ce qu'il vient de lire. Il peut également intervenir en affirmant une contre vérité afin de faire douter et réagir les élèves.. Il est évident que la disposition des tables en « U » ainsi que la mise en place, dès les premières séances, de l’auto et de l’inter-correction facilitent l'écoute et la communication entre les élèves.

    Le questionnement du professeur sur le texte est à bannir, puisqu'il transforme l'interaction en échange frontal professeur/élève. Qui plus est, le questionnement n'incite pas l'élève à développer des processus cognitifs pour comprendre un document ; il ne permet que de vérifier la compréhension du document. Et encore. La question n'étant qu'une réponse déguisée, par cette pratique, le professeur invite ces élèves à appréhender le document à travers sa propre lecture au lieu de les inviter à construire la leur. C'est à l'élève de questionner le texte, pas au professeur. Cette remarque peut donner l'idée d'une activité qui consisterait à demander à l'élève de formuler des questions par rapport au texte et à demander à son coéquipier d'y répondre.

    Grâce à l'interaction, les élèves développent les capacités d'écoute, de réflexion, et d'expression, car ils sont obligés de s'ajuster à ce qui vient d'être dit. Ainsi, la mise en oeuvre pédagogique de l'enseignant est rythmée par la pratique de la "situation-problème", qui fait interagir les élèves, et celle de la justification par retour au document, méthode qui met en place des stratégies d'apprentissage, lesquelles sont proposées à l'élève sous la forme d'activités, soit avant l'interaction (afin de préparer la prise de parole), soit durant l'interaction (lorsque l'interaction faiblit), soit en tâche à faire à la maison. .

3 La tâche actionnelle : une mise en contexte

    L’approche actionnelle invite les élèves à être actifs et acteurs de leur propre apprentissage. La notion de "tâche" prend une place primordiale dans la préparation de la séquence pédagogique. « Est définie comme tâche toute visée actionnelle que l’acteur se représente comme devant parvenir à un résultat donné en fonction d’un problème à résoudre, d’une obligation à remplir, d’un but qu’on s’est fixé » (CECR, page 16). Cette tâche peut mettre les élèves, soit en situation d’apprentissage, soit en situation de communication .

   Est définie par "tâche d’apprentissage" la mise en place d’une situation linguistique qui s’inspire de la réalité et qui vise à stimuler et développer les processus cognitifs sollicités lors de la réception d’un message. C’est en sollicitant les processus cognitifs de l’élève que ce dernier sera en mesure de traiter l’information, comme s’il était  en situation, l'aidant ainsi à développer des stratégies. Prenons le cas d’un article de presse. Auparavant, le professeur d’espagnol négligeait l’étape de l’élucidation par inférence, voulant au plus vite accéder à la compréhension littérale et littéraire du document. Il est maintenant conseillé de se fixer comme objectif celui de lire la page d’un journal en travaillant essentiellementsur l'inférence. La «lecture par objectifs » se présente alors comme une solution pour stimuler la lecture de l’élève et la diriger vers ce qui fait sens. Si le public est peu enclin à la concentration et à la réflexion, on lui proposera des axes de lecture (les idées du texte qu’il devra repérer).

    Située en activité de transfert, la tâche communicative mobilise des compétences générales individuelles (savoir sur le monde, savoir socioculturel, comportement) ainsi que la compétence communicative (linguistique, sociolinguistique et pragmatique). Sa réussite ou son échec indiquent le degré de compréhension du document, l’assimilation ou pas des savoirs et le stade de développement de l’activité langagière principalement sollicitée dans la séquence pédagogique. Les choix didactiques opérés lors de l’étude du document doivent correspondre avec l’activité de transfert qui est prévue à l’issue de l’étude du document.

     L'élaboration de mises en situation issues du texte favorise l'utilisation de ce vocabulaire dans une langue dite « de communication», facilitant par ailleurs la mémorisation, car les mots se retiennent non seulement en fonction de leur sens, mais surtout en fonction de l'effet à produire. Ces mises en situation permettent ainsi de réutiliser le vocabulaire appris en contexte et d’employer les fonctions langagières propres à l'expression orale (pronoms, niveau de langue).

    L'enseignant doit faire en sorte de laisser la parole à l'élève sans le corriger sans cesse. Il ne forme pas des spécialistes, des puristes, mais bien des apprentis. Tant l'élève que le professeur doivent par conséquent accepter l'erreur comme faisant partie de l'apprentissage : « si la langue se construit, c'est par tâtonnements, essais, erreurs, réajustements, etc. l'enseignant, lors d'une production orale ou écrite, doit respecter le processus de construction sans interférer par une attitude d'hypercorrection ». Rappelons que la langue ne naît pas de la grammaire. Une langue ne vit que parce qu'elle change, évolue. Les erreurs font partie de la survie de la langue.

     A l'écrit, la tâche actionnelle se réalise à travers des ateliers d'écriture, qui permettent de produire un texte de façon interactive, en situation. On propose un sujet qui invite l’élève à revisiter le document et à repérer les éléments dont il aura besoin pour produire son texte. Ainsi, pour l’article de presse intitulé « Seducidas por el botellón » (Annexe 4), on demandera aux élèves, en guise d’activité de transfert, de rédiger un article dont le titre serait « El botellón o la antesala de un futuro alcoholismo ». Les élèves élucident en premier lieu le titre du document, sélectionnent les idées du texte qui permettraient de défendre l’idée du titre, et rédigent, après avoir élaboré d’un commun accord le plan de l’article. La langue est réinvestie dans la production des idées. Elle n’est plus pour l’élève un objectif à atteindre, mais bien un outil d’expression.

   Ces situations impliquantes s’inscrivent dans une approche constructiviste des connaissances. Toute production, écrite ou orale, doit reposer sur la notion de « conflit » ou « confrontation au texte ». Ainsi, pour retenir une nouvelle information, il faut reconstruire ce qui est déjà connu ou réélaborer de nouveaux réseaux de signification.

Olivier cardineau

BIBLIOGRAPHIE

(Se) construire un vocabulaire en langues, Groupe Français d'Education Nouvelle, Chronique Sociale, Lyon, octobre 2002.

Psychologie de l'éducation, Jean-Noël Foulin, Serge Mouchon, Nathan Université, 1999.

Les stratégies d'apprentissage, Paul Cyr, CLE international,


Deux Kylie

Musique — Par olibre @ 23:57

    Oublions l'espace d'un instant le faste de la Star Académie, les paillettes et la musique commerciale pour se rappeler la fin des années 90, moment où KYLIE MINOGUE s'éloignait de la pop musique et interprétait ses propres textes sur une musique plutôt underground. A cette époque, la chanteuse australienne ne savait plus quelle image elle voulait donner et pour quel public elle voulait chanter. Elle tentait de casser l'image de l'adolescente à la voix acidulée pour interpréter des textes intimistes qui laissaient transparaître le doute, la quête identitaire qui la tourmentait et la folle envie de pousser les limites de sa propre musique. Je vous livre un extrait de "Free" qui rappelle la richesse musicale et vocale de cette époque.

    Puis il y a son nouveau single "Two hearts" qui sort ces jours-ci. Il swingue. Il permet à KYLIE de faire vibrer un corps qui, il n'y a pas encore si longtemps que cela, a été blessé au plus profond de sa féminité. Quand j'ai appris son cancer du sein, je me rappelle m'être dit que pour quelqu'un qui avait misé sa carrière essentiellement sur son corps et sa féminité, cela devait être horrible de perdre cils et cheveux. Je me suis dit qu'elle ne serait plus la même (physiquement et mentalement) si elle revenait à la chanson. Hier, au début de la Star Académie, elle a donné un conseil aux stagiaires. "Restez vous-mêmes", leur a-t-elle dit. "C'est le plus important". Pourtant on peut se demander si elle est vraiment restée elle-même pour avoir été pendant tant d'années "une machine à sous". Que veut-elle à présent?


"Can't get you out of my head" par Cold Play

Musique — Par olibre @ 20:31

Alors que l'on parle du retour de KYLIE MINOGUE sur les ondes, je poste un extrait du concert de Glastonbury de 2005 auquel la chanteuse australienne, atteinte alors d'un cancer du sein, n'avait pu se rendre. COLD PLAY avait joué "can't get you out of my head" pour lui rendre hommage. Moment agréable et émouvant à écouter.


Zorro ne repartira pas de sitôt

idéologie — Par olibre @ 22:48

Plantu, le Monde, mardi 06 novembre 2007

    Etait-il nécessaire que Nicolas Sarkozy aille au Tchad pour retrouver les journalistes et les hôtesses de l'air? Il continue de cultiver son image d'homme actif, sans doute pour faire diversion, car de nombreux problèmes ne sont pas encore résolus. Le pouvoir d'achat est la préoccupation majeure des Français. Qu'a-t-il fait? Il devait réformer l'indice des prix. L'a-t-il fait? Je le revois encore lors d'une réunion avec les représentants des syndicats. Il leur faisait comprendre que l'argent ne tombait pas du ciel, qu'il dépendait d'un système, qu'il n'y pouvait rien. Je me suis à ce moment-là demandé à quoi cela servait d'élire un Président de La république, si celui-ci ne pouvait rien faire.

    Les enquêtes d'opinion montrent actuellement que les Français approuvent l'hyperactivité du Président. Il fait des choses. Il bouge. Sarkozy est aussi rusé que Zorro, qui veut dire renard en espagnol. Il fait croire aux gens que c'est en supprimant les régimes spéciaux, le nombre de fonctionnaires et en créant les franchises médicales que le pays ira mieux. Alors que ce sont des mesures exclusivement idéologiques, comme le paquet fiscal, destiné aux riches, qui coûte à la France 15 milliards d'euros!

     Rappelons qu'en France l'économie et les mass médias sont intimement liés. On sait que Monsieur Sarkozy a été élu grâce aux nombreux soutiens médiatico-financiers qui l'entouraient. Je crois qu'il n'y aura de véritable refondation de la gauche sans une réflexion sérieuse et approfondie sur le rôle que l'Etat doit jouer avec les médias et l'économie. L'Etat doit permettre aux medias de rester indépendants et à l'économie d'être au service de l'homme, et non l'inverse. Si l'on veut créer des emplois, sécuriser les salariés dans leur travail, alors l'Etat doit être présent. Il doit sanctionner, contrôler, réguler. Sinon, il ne garantira pas une société plus juste qui, à mon avis, est source de dynamisme économique.


GIGI

culture — Par olibre @ 18:55

Si on pouvait résoudre les problèmes d'un coup de baguette magique, comme Gigi!


Raconter un souvenir autobiographique ou écrire l'Histoire de façon interactive

pédagogie — Par olibre @ 01:00

A Stéphanie Wojtyna et à Carole Soufflet

qui m'ont suivi dans cette folle entreprise.

Support : "Mi abuelo" de Jordi Soler, El País semanal, 03/03/2002

     Dans le texte publié dans la revue espagnole El País semanal, Jordi Soler rend hommage à son grand-père républicain qui a fui l'Espagne après la guerre civile, s'est exilé au Mexique et a créé une communauté de réfugiés catalans. Dans ce fragment, il raconte comment son grand-père combattait la nostalgie. Une étude de ce texte offre la possibilité de situer La Catalogne dans la péninsule ibérique, la dictature de Franco dans l'histoire de l'Espagne et de comprendre les enjeux de la guerre civile. C'est pourquoi, afin d'accéder à la compréhension globale du document, j'ai attiré l'attention des élèves sur l'identification des personnages (leur nom, leur nombre et leur lien de parenté), l'espace (où se trouvent-ils? A Barcelone? Au Mexique?) et le temps (1936? 1939? Pendant la dictature de Franco? En 2002?).

     Toutes ces questions semblent évidentes à première vue si l'enseignant élucide les mots qui posent problème. Or s'il décide de mettre les élèves en situation réelle d'apprentissage, ces indices de lecture sont alors indispensables au débroussaillage du texte. En sollicitant l'interaction et l'inférence, les élèves ont été capables de dire que la scène se passait au Mexique, même si quelques allusions à l'Espagne figuraient tout au long du document. Afin d'éviter toute confusion, j'ai demandé aux élèves de justifier leurs propos en soulignant dans le texte toutes les récurrences au Mexique et à La Catalogne :

todo lo que remite a México

Todo lo que remite a MEXICO

todo lo que remite a CATALUNA

-la Portuguesa, una comunidad de refugiados catalanes situados en la selva de Veracruz

-Córdoba

Las ramblas

La fuente de Canaletas

la estatua de Colón

Barcelona

Latas, embutidos y turrones

       J'ai ensuite proposé aux élèves de présenter le grand-père et le petit-fils. Ils ont repéré les éléments dans le texte afin de présenter les deux personnages. Si l'on attendait l'emploi des temps du passé, un repérage dans le texte des verbes au passé simple et à l'imparfait était donc souhaitable.

El abuelo:

-nació en cataluña, en Barcelona

-Ahora vive en Méjico

-Se exilió a Méjico para huir la dictadira de Franco

-Luchó con los republicanos, contra los nacionalistas

El narrador:

-es mejicano

-nació en la Portuguesa, una comunidad de refugiados catalanes situada en Méjico

-Su padre es mejicano

-su madre es española porque nació en plena guerra

     Après les diverses reformulations et reprises, j'ai terminé le travail de compréhension en demandant aux élèves comment le grand-père combattait la nostalgie. Cette activité de repérage permettait l'emploi du gérondif espagnol:

El abuelo combatía la nostalgia...

proyectando filminas de barcelona (L4-L11)

llamando por teléfono a su familia cada 25 de diciembre (L11-L20)

yendo a Córdoba a visitar y comprar productos importados de España

reuniendo los domingos a su familia

    Dans le cas où les élèves doivent s'informer sur un aspect culturel, deux possibilités s'offrent au professeur. Soit celui-ci décide de leur donner l'information en classe ; soit il consacre une séance au CDI pour inviter les élèves à s'informer eux-mêmes. J'ai choisi la deuxième solution car consacrer une séance au CDI offre la possibilité à l'élève, pour la première fois peut-être, de lire un article de presse et de compulser des dictionnaires et des encyclopédies. Les élèves ont formé des groupes de trois ou quatre. Chaque équipe avait pour consigne de traiter ensemble les causes de la guerre civile espagnole, son déroulement, l'exil des républicains, et la dictature de Franco. A l'intérieur de chaque groupe, les élèves se sont alors répartis les tâches. Le travail s'est fait en français, car il est complexe et difficile. A la fin de la séance, un bilan oral a été fait.

      Il me semble que ce travail a été bénéfique car les élèves ont appris à chercher des informations en utilisant l'index, le sommaire d'un livre, un dictionnaire ou en formant des mots clés sur l'ordinateur. Ce travail les rend actifs et les aide à mieux assimiler les faits historiques. Cette activité de recherche approfondit également la compréhension du document et permet, à ceux qui n'ont pas tout compris, d'élucider les zones encore obscures du document étudié.

     Pour la mise en oeuvre de la tâche actionnelle, j'ai demandé aux élèves d'imaginer que le grand-père écrivait ses mémoires dans lesquels il racontait son enfance à Barcelone, la période de la guerre civile et sa vie au Mexique. Ce type de sujet n'est pas dénué d'intérêt, puisqu'il incite les élèves à revisiter le texte sous un angle différent, leur permettant ainsi d'affiner la compréhension du document et de s'approprier avec plus de facilité la langue de l'auteur.

    Avant de mettre en place les ateliers d'écriture, je les ai invités à réfléchir sur les critères d'évaluation de la tâche écrite qu'ils avaient à accomplir . Ils ont compris que le sujet oscillait entre l'imagination et la fidélité au texte et qu'ils devaient garder une certaine cohérence par rapport au texte étudié. Voici les critères que nous avons retenus:

-fidélité au texte

-connaissances historiques

-correction grammaticale

-richesse de la langue

-clarté du discours

    La co-évaluation implique les élèves dans l'élaboration des critères d'évaluation à partir desquels ils seront notés. Ce qui optimise les chances de réussite car les élèves connaissent les tenants et les aboutissants du travail à fournir.

     La répartition du travail n'est pas tombée de soi. Au début, les participants écrivaient à l'unisson le même texte. Parfois, ils n'étaient pas d'accord sur ce qu'ils devaient écrire, ce qui ralentissait le rythme de la rédaction. Dautres avaient choisi au sein du groupe un secrétaire. J'ai mis un terme à cette méthode en exigeant que chacun participe activement à la rédaction du texte. Je leur ai également appris à se répartir le travail pour gagner en efficacité. Un élève se consacrait à l'enfance du grand-père, tandis qu'un autre se penchait sur la guerre civile. Chaque groupe devait me rendre une rédaction écrite à plusieurs mains.

     Les élèves ont apprécié ces ateliers d'écriture pour différentes raisons. Ils pouvaient d'abord s'entraider. Ils m'ont confié que lorsqu'un élève ne savait pas un mot, un camarade de l'équipe lui donnait la solution. Ils ont pu ainsi échanger leurs avis et s'intercorriger.

     J'ai longtemps réfléchi sur la place de l'écriture dans l'enseignement des langues en France. Généralement, l'élève écrit en fin de séquence pour transmettre son savoir, pour montrer ce qu'il a appris, tout ceci en vue d'être noté. Or il n'apprend jamais à écrire, à construire des phrases, à les enrichir, à les faire lire, à les corriger, à imiter un style, à jouer avec les mots, bref, à éprouver un certain plaisir à écrire. Les ateliers d'écriture ont créé un espace dans lequel l'élève ne s'est pas senti épié et  jugé. Il sait que la note sera collective, que ses camarades peuvent l'aider et que l'enseignant est présent. Le travail en groupe me permettait  de circuler plus librement dans la classe, de dispenser mes conseils, d'apprécier l'évolution des rédactions, de comparer les travaux. J'étais plus détendu.

     Le travail d'écriture a donc permis aux élèves de manipuler la langue, d'utiliser le vocabulaire appris en cours, de conjuguer les verbes à la bonne personne et au bon temps. Les travaux d'élèves que je présente montrent que le résultat n'est pas parfait. Certains d'ailleurs, voulant faire preuve d'originalité, sont sortis des sentiers battus en exprimant dans un espagnol rudimentaire des idées complexes. ils ont sans doute cherché dans un dictionnaire ou essayé de traduire à partir du français. Globalement, les élèves ont éprouvé un certain plaisir à réaliser ce travail. Car je leur laissais le champ libre tout en les guidant et en leur rappelant les limites à ne pas dépasser.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sarkozy, marchand de tapis!

idéologie — Par olibre @ 20:19

 

dessin de Jul

     Alors que le pouvoir d'achat est la préoccupation majeure des Français, le président Sarkozy s'augmente de 140%!! Même si, au premier abord, il semble normal que le Président touche plus que le premier ministre (celui-ci touchant 17 ou 18 000 euros par mois), je trouve malgré tout cette augmentation immorale, choquante,  surtout quand on se dit Président de tous les Français, riches et pauvres compris. Ajoutons que les 6000 euros qu'empochait Monsieur Sarkozy tous les mois, c'était de l'argent de poche, car tout lui est payé, des déplacements au logement en passant par la nourriture.

 

Ne parlons pas du train de vie de l'Etat, qui, selon des sources sures, a sensiblement augmenté. Et ces fameux conseils des ministres ambulants, combien coûtent-ils au contribuable? Et l'écologie dans tout cela? Ils se téléportent nos chers ministres quand ils se déplacent en Corse? Monsieur Sarkozy aurait même avoué qu'il comptait bien faire un tour en Outre mer...

Chers amis, ceux qui n'ont pas voté pour le candidat Sarkozy le savaient. Les Français ont élu au sommet de l'Etat un marchand de tapis, un marchand de rêves qui endort en jetant de la poudre aux yeux. J'attends avec impatience le jour où les Français se réveilleront.

 

 


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