oliviercardineau

Moby et Zazie : un petit moment d'éternité

Musique — Par olibre @ 13:58

¡Viva España!

pédagogie — Par olibre @ 13:20
   Cette leçon d'espagnol est évidemment caricaturale, mais elle me rappelle ces professeurs d'espagnol gestuels et fantasques qui nous faisaient apprendre ces mièvres dialogues entre Felipe et Lola! Ces enseignants usaient et abusaient d'impératifs comme "mírame" ou "escúchame" afin de retenir notre attention.

 

     Me voilà à mon tour, depuis sept ans maintenant, professeur d'espagnol. Je me reconnais dans la scène où Lola tente de corriger la prononciation de Felipe, car il m'est déjà arrivé d'exagérer la prononciation d'un mot pour que l'élève le prononce correctement. Il est vrai que le résultat est souvent pire. C'est pourquoi, pour ne pas vexer l'élève, je terminais en le félicitant d'un "muy bien".

 

     Cette caricature révèle également à mon sens l'idéologie qui accompagnait le contenu de l'enseignement de l'espagnol en France. D'abord le chuintement qu'on nous apprenait à faire et la vision d'une Espagne unie autour de la culture andalouse et madrilène qu'on nous enseignait. Etudier un texte sur le Pays Basque, La Catalogne ou qui traite de l'actualité en Amérique latine relevait du blasphème pour l'enseignant d'espagnol dans les années 80, qui véhiculait inconsciemment une image plutôt franquiste de l'Espagne unie autour de son roi et d'une seule et même langue : le castillan. Enfin, c'est mon avis.


la caricature du prof d'espagnol

pédagogie — Par olibre @ 22:42

un double divorce (Plantu, le Monde, le 19 octobre)

idéologie — Par olibre @ 14:50

    En ce jeudi 18 octobre avait lieu le premier choc social entre le gouvernement du président Nicolas Sarkozy et les syndicats de cheminots, qui avaient appelé à la grève pour que les dirigeants retirent leur loi sur les régimes spécifiques de retraite. En ce même jour était annoncé officiellement le divorce entre Nicolas et Cécilia Sarkozy. Pur hasard ou tactique pour faire diversion et ainsi minimiser la tension sociale?

 

    Le Petit Robert définit la grève comme "une cessation volontaire et collective du travail, décidée par les salariés dans un but revendicatif". Dans ce dessin, Plantu associe le divorce et la grève en mettant en scène la séparation du couple présidentiel dans une gare délaissée par les grévistes. On peut interpréter le départ de Cécilia comme une grève, puisqu'elle cesse toute activité amoureuse avec son partenaire.

    C'est également à un double divorce que nous assistons : celui du couple présidentiel, et celui du gouvernement avec une partie de la population française.

 

    La robe de cécilia, habillée en Marie-Antoinette, la couronne que porte Nicolas Sarkozy, ainsi que la toile d'araignée qui se trouve à côté du train abandonné sur la voie, rappellent que les grèves, comme les séparations, font partie de l'histoire des français. Tout ceci banalise également le paradoxe des Français, attachés à des droits démocratiques, qui par ailleurs considèrent leur président comme un roi. Louis XVI n'est donc pas encore mort...

 

 


"Nuage" de Sébastien Betbeder : une réflexion sur la création et l'oubli

Cinéma — Par olibre @ 21:14

 

    Nuage est un film poétique, sans prétention, sur l'oubli. Le film commence par la disparition de la femme d'un photographe-portraitiste. Au même moment, un jeune homme perd la vue par intermittence. Alors qu'il s'apprête à traverser la rue, il rencontre une femme amnésique. il se rendra compte plus tard qu'il s'agit de la femme du photographe, victime du même mal que lui. Ce dernier perdra la mémoire alors qu'il se dirigera vers la maison du photographe pour l'avertir de sa découverte.

    Dans le film, le nuage représente la métaphore de l'oubli qui hante les deux personnages en quête de mémoire, donc de lumière. On appréciera le contraste saisissant entre le photographe qui met en lumière, c'est-à-dire expose des visages et la femme de ce dernier, perdue dans l'obscurité. D'une façon métaphorique, la femme du photographe disparaît des yeux de son mari artiste.

    Le nuage est aussi la métaphore du film qui, comme la traversée d'un nuage, fait oublier au spectateur, plongé dans le noir, sa quotidienneté. Il est donc réussi ce petit film d'une heure et quart qui raconte avec poésie la promiscuité entre l'art et l'oubli, entre l'artiste qui, pour créer, oublie, et le spectateur qui, pour regarder, doit oublier.

 

 

 


"La dernière leçon" du poète Métastase : commentaire du roman de Sylvain Trudel "Du mercure sous la langue"

Livres — Par olibre @ 21:43

 

    Face à la mort, l'homme est sans défense. Le texte de Sylvain Trudel rappelle que l'homme occidental considère la mort comme un tabou. D'ailleurs, on ne meurt plus chez soi, mais à l'hôpital, lieu aseptisé et dénué d'humanité. La mort est cachée ; elle fait tache dans une société qui, fière de ses avancées technologiques et médicales, fait reculer l'espérance de vie. Meurt-on moins pour autant? La mort symbolise de fait dans nos sociétés modernes l'échec de l'homme. Pourtant, les historiens des mentalités, tel Philippe Ariès, nous rappellent qu'au Moyen Age les morts côtoyaient les vivants. La mort était considérée comme un passage obligée pour une vie meilleure. Elle était apprivoisée à travers différents rites et fêtes populaires. 

    La mort donne à la vie tout son sens. C'est ce que tente d'exprimer le poète Métastase, pseudonyme que se donne le jeune narrateur malade au seuil de la mort. C'est à travers une parole démythificatrice que le jeune poète affronte l'échéance ultime. Et c'est avec une prose rapeuse, acérée, sans concession, qu'il rejette la médecine, la psychologie, l'Eglise et la famille, instances qui tentent de le raisonner et le faire espérer. La rédaction de poèmes et la lecture de chateaubriand l'aident à préparer sa dernière étape.

    Le titre du roman "Du mercure sous la langue" rappelle non seulement le thermomètre logé sous la langue, mais aussi l'image de l'épée de Damoclès, qui menace le malade d'une mort prochaine, car il est mortel d'avoir du mercure sous la langue. Le mercure est également un métal ; il est ainsi la métaphore d'une écriture acérée qui libère le poète des illusions qui l'entourent.

 

 

 

 


La France en faillite? (Charlie hebdo, le 26 septembre 2007)

idéologie — Par olibre @ 23:20

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