jeudi, avril 15, 2010

Parole et / est vérité selon Lacan

 

Une lecture de ...

Le mythe individuel du névrosé : Poésie et vérité dans la névrose

 

                      "La parole introduit une dimension différente dans la réalité, qui est celle de la vérité." LACAN

 Si j'ai bien compris, la vérité ne peut être dite puisqu’elle est constituée par la parole et que la parole ne peut être dite. La parole ne peut se saisir elle-même, c'est pourquoi elle n'exprime la vérité que de façon mythique. Il s’agit alors de comprendre comment l’homme constitue son être dans la parole. Car l’être dépasse l’ordre de la parole.

   Comprendre le discours du sujet, c’est s’intéresser aux symboles, que Lacan compare à une «parole passive». Le symbole tient à la fonction du langage. C’est une relation de sujet à sujet qui entretient une sorte d’énigme. Le travail de l’analyste consiste à libérer une parole bâillonnée par la Loi, la censure.

   Selon Lacan, si je comprends bien, dans la parole, il y aurait un acte créatif, presque libertaire. Si l’homme ne parle plus, il est parlé, c’est-à-dire qu’il répète. Pour le praticien, le symptôme névrotique est une parole puisqu’elle est constituée comme un langage (d’une forme et d’un sens). Et "plus la parole progresse, plus la vérité la constitue" (Lacan)

 

jeudi, avril 15, 2010

Là-haut, tout est calme, Gerbrand BAKKER

 

 Là-haut, tout est calme

  Là-haut, il y a le père. Un père qu’HELMER laisse mourir dans sa chambre, car de ce père il n’a reçu aucune marque d’affection durant son enfance. D’ailleurs, il lui préférait son frère jumeau, HENK, qui était prêt à reprendre la relève (le travail à la ferme) et à perpétuer les traditions.

   Là-haut, il y a aussi le Danemark, puisque l’histoire se passe aux Pays-Bas. Tous les soirs, HELMER jette un coupe d'oeil  sur la carte du Danemark, pays qui représente pour lui l’étranger, la nouveauté, l’inconnu ; tout ce qui s’oppose à sa vie rythmée par les travaux à la ferme.

   Il faut savoir qu’après la mort de son frère jumeau HELMER accepte de remplacer son frère et de travailler à la ferme pour faire plaisir à son père. Il va mener pendant plus de trente ans une vie de fermier qui incombait alors à son frère. Comme s’il vivait une vie qui ne lui seyait pas. Comme s’il remplaçait HENK ou, pour être plus clair, comme s’il n’existait pas sans son frère jumeau.

   Une complicité innée et quasi fusionnelle liait les deux individus jusqu’à l’arrivée de RIET, jeune femme qui est tombée amoureuse de HENK et qui a rompu l‘osmose qui existait entre les deux frères. Ce qui justifierait une certaine homosexualité latente que l’on pourrait déceler chez HELMER, le narrateur. Car ce dernier est attiré non seulement par son frère, mais aussi par JAAP, un employé qui travaillait pour la famille.

   En laissant mourir son père, HELMER tourne une page et signe la fin d’une époque : celle d’une société agraire et patriarcale qui reposait essentiellement sur les traditions, la morale et le travail.

   L’achat d’une télévision, la mort du père, le retour de JAAP et le départ de HELMER et de JAAP pour le Danemark annoncent l’arrivée d’une époque qui refuse de se plier aux traditions et qui fait émerger une certaine individualité face au règne du groupe, de la communauté. C’est sans doute pourquoi à présent, là-haut, tout est devenu calme.

 

 

 

samedi, mars 06, 2010

Miquel Barceló, Elefandret, 2007

 

http://www.lesabattoirs.org/expositions/2009/barcelo/barcelo-bestiaire-300x399.jpg

 J'aime cette oeuvre de Miquel Barceló ; cet éléphant  qui tient en équilibre sur sa trompe me rappelle l'homme, condamné aux lois de la pesanteur, qui aspire à la légèreté de l'être. Un beau pied-de-nez à la condition humaine.  

 

mardi, février 23, 2010

les amants de Spoutnik ou la traversée du miroir

 

Les amants du Spoutnik

    Le désir occupe une place centrale chez les personnages de ce roman. La jeune Sumire nous révèle qu'elle éprouve le besoin d'écrire pour se sentir vivante. Or l'écriture n'a plus lieu d'être lorsqu'elle rencontre la belle Miu, puisque le désir de la conquérir a remplacé celui d'écrire.

 

   Miu, quant à elle, se considère comme une ombre depuis qu'elle s'est interdit d'avoir des relations sexuelles avec un Catalan qu'elle avait croisé lors d'un voyage en Italie. Après avoir refoulé son désir, ses cheveux ont blanchi et elle est devenue frigide, basculant irrémédiablement du côté de l'ombre, de la non- vie. D'où le questionnement légitime de Sumire :

 

 si ce côté-ci du miroir où se trouve Miu (autrement dit, le côté où je me trouve également) n'est pas le vrai monde, qui suis-je donc, moi qui existe sur le même plan spatial et temporel qu'elle ? p209

 

    Le narrateur est également condamné à vivre dans l'ombre, puisqu'il ne peut réaliser son désir, qui est de faire l'amour à Sumire, sa meilleure amie. Cette dernière lui préfère Miu, laquelle se sent attirée par le narrateur ! A partir de ces rencontres discordantes, l'homme est voué à l'errance, comme des satellites qui se croiseraient de loin dans l'univers :

 

 Je fermai les yeux, tendis l'oreille, et songeai aux descendants de Spoutnik, qui continuent à tourner dans le ciel, reliés à la terre par la seule force de la gravité. Blocs de métal solitaires, ils se croisent, dans les ténèbres sidérales ou rien n'arrête leur course, puis s'éloignent pour toujours les uns des autres. Sans mots à échanger. Sans promesses à tenir   p233

 

  A en croire le narrateur, l'être humain est sans cesse confronté à la frustration et à la solitude. Pour preuve, Sumire a traversé le miroir dans l'autre sens que Miu pour retrouver le côté « vivant » de sa bien aimée, pendant que l'ombre de cette dernière la cherchait désespérément. Le monde « visible » auquel le lecteur s'identifie ne serait donc qu'un monde du non-vivant peuplé d'ombres.

 

   Le miroir, utilisé comme la métaphore de l'écriture et de la création littéraire, permet de séparer la vie de la non-vie ; le désir de l'ombre. La traversée du miroir (notons que Sumire et Miu traversent le miroir en sens inverse, ce qui accroît l'impression de solitude et d'égarement), plonge le narrateur et le lecteur dans une confusion réelle. Comme le souligne le narrateur à la fin du roman : « Je ne vois plus de différence nette entre ce qui existe et ce qui n'existe pas » p264

 

   C'est sans doute à cela que voulait en venir Haruki Murakami. A une écriture qui se reflète et qui plonge le lecteur dans l'incertitude, l'invitant de ce fait à douter. En jetant un sort à l'illusion référentielle, l'auteur japonais rend d'une certaine façon hommage au genre romanesque et à son pouvoir, qui est de distraire, d'égarer, de faire douter.

 

                                                            OCardineau

 

 

samedi, février 20, 2010

Les amants de Spoutnik (2), Haruki Murakami

 

 "c'est ainsi que nous poursuivons nos existences, chacun de notre côté. Si profondément fatale que soit la perte, si essentiel que soit ce que la vie nous arrache des mains, nous sommes capables de continuer à vivre, en silence - même lorsqu'il ne reste plus de notre être qu'une enveloppe de peau, tant nous avons changé intérieurement. Etendant la main pour tirer vers nous la quantité de temps qui nous est allouée, nous sommes capables de la laisser ensuite filer en arrière sans rien faire. Répétant simplement les mêmes tâches, les mêmes gestes quotidiens - parfois avec une grande habileté. A cette idée, je sentis en moi un vide incommensurable."

10/18 p267

jeudi, février 18, 2010

Les amants de Spoutnik, Haruki Murakami

 

"Pourtant, au risque d'énoncer un lieu commun de plus et de généraliser, j'ajouterai qu'une certaine part d'inutilité me paraît indispensable à nos vies imparfaites. Si nous en retirions tout ce qui est inutile, l'imperfection elle-même disparaîtrait".

 10/18, p10

lundi, février 15, 2010

Soldados de Salamina, Javier CERCAS

 

"Para escribir novelas no hace falta imaginación -dijo Bolaño-. Sólo memoria. Las novelas se escriben combinando recuerdos."

Maxi Tusquets, p149

samedi, février 13, 2010

Groupe de 13, Eva AEPPLI (1968), Centre Pompidou

 

 

Les Oubliés de Dieu attendent ; les Treize, pas même apôtres.

Jambes croisées ou pas, visages émaciés, ils attendent comme un public son spectacle, comme des voyageurs un départ. Ils attendent que le temps passe ou que la décision soit prise. Peut-être sont-ils morts. Vivent-ils ? Sont-ils coincés au purgatoire ? Que regardent-ils ?

Je vois quelques places de libre, puis-je m'asseoir ? Vous attendez qui ? Vous attendez quoi ? Ils ne me répondent pas. Vous êtes bannis, c'est bien ça ? Bannis de Dieu, bannis de la vie, mais pourquoi ? On dirait que vous attendez un spectacle. On joue quoi, ici ? La vie ? mais oui, elle passe devant moi ! Ce n'est pas possible ? Pourquoi les gens s'arrêtent-ils pour me regarder ? De quel côté joue-t-on ? De ce côté-là ou de ce côté-ci ?

Non ce n'est pas fini ! Pas pour moi ! Je ne veux pas regarder le spectacle de la vie, je ne veux plus être assis !

                                                                                 Olivier Cardineau

 

vendredi, février 12, 2010

Exposition Marylin CAVIN, Galerie C, à Amiens

 

 L'exposition des tableaux de Marylin CAVIN aura lieu jusqu'au 04 mars 2010, à La galerie C, à Amiens.  Voilà ce que dit l'artiste sur son site à propos de ses toiles :

  "La toile est pour moi un lieu théâtral où l‘élément figuratif est mis en scène. Je l’isole du réel et de son environnement habituel, je le fais évoluer dans un décor abstrait, il est alors en représentation dans une autre réalité. Mon choix est de travailler sur la simplicité de la forme et de sa spatialisation, afin de focaliser toute l’attention sur le sujet, celui-ci étant ainsi disposé de façon ordonnée, seul ou le plus souvent en multitude. Il est lié à son ombre très dense et profonde, elle-même étant un double, une image dissimulée derrière l’apparence des choses.
  J’accorde également une grande importance au traitement du fond sur lequel je dispose le sujet trouvant dans cet espace le lieu où se joue le drame.
  Enfin, le travail de vieillissement, d’usure, l’ajout de bruit et de particules microscopiques que j’effectue sur l’ensemble de la toile apportent la patine liée à l’outrage du temps donnant ainsi cette  théâtralité que je recherche.

  Quel que soit le sujet traité, je l’ai toujours travaillé à l’infini, variations sur un thème, pour observer au fil du temps, les modifications, les infimes mutations qui sont apparues et qui en fin de compte, se révèlent être le reflet de mes propres cheminements intérieurs."

http://www.marylincavin.net/

 EXPOSITION A VOIR !

vendredi, novembre 13, 2009

Lettre à un otage, Saint-Exupéry

"Que l'on soit absent dans la pièce voisine, ou sur l'autre versant de la planète, la différence n'est pas essentielle. La présence de l'ami, qui en apparence s'est éloigné, peut se faire plus dense qu'une présence réelle. C'est celle de la prière."

St Exupéry

samedi, septembre 19, 2009

Abel dans la forêt profonde, Aron TAMASI

 

 "Il aurait été très réconfortant pour mon âme de croire que la maladie était l'affaire de Dieu, mais je pensai que ce n'était pas tout à fait vrai, car si la pauvreté n'avait pas harcelé ma mère du matin au soir, elle aurait eu en ce jour encore une mine florissante. Mais voyez comment est le pauvre ! Aux heures difficiles, lorsque, à cause de ses nombreux soucis, la maladie s'accroche à lui, il fait appel à Dieu et, comme sous un buisson en automne, il s'abrite de sa sagesse, alors que la maladie a été provoquée par l'injustice de la vie terrestre", p181

Editions Héros-Limite, Genève

vendredi, septembre 18, 2009

Les Arts au Café : Quel est votre coup de coeur de l'été

 

 

      Les Arts au Café

 

vous aimez la convivialité ?

vous aimez la culture ?

Vous aimez lézarder ?

 

Alors venez à l'Antidote café parler de cinéma, de livres, de peinture, de musique, de photographie, etc, etc

 

Quel est votre coup de cœur de l'été ?

rendez-vous le mERCREDI 29 septembre a 19 heures

a l'antidote café

10, place saint-Michel

Amiens (derrière la cathédrale)

 

jeudi, août 20, 2009

Los tiempos muertos

 

"En la vida es importante tener tiempos muertos para pensar, leer, charlar sobre el tiempo con un desconocido. Con el estrés se nos olvida dedicar unos minutos a hacer nada. Sería extraño escribir en la agenda: martes de 15 a 16 horas: hacer nada. El autobús es mi momento muerto del día. Mi momento de hacer nada. Una hora obligatoriamente perdida, y por lo tanto, ganada al tiempo, a este estilo de vida frenético que no nos deja un segundo ni para respirar..."

 

Cosas que nunca ocurrirían en Tokio, Alberto Torres Blandina, La otra orilla, p 32

 

mercredi, août 19, 2009

Una gaviota donostiarra

 

 

 

samedi, août 08, 2009

L'enfant qui nous habite

 

 

http://www.yankay.net/opusxvii/wp-content/gracq_dekiss.gif

"Si je pouvais revoir et bien observer l'enfant que j'étais à huit ans, je comprendrais mieux l'homme que je suis devenu, mais ce voile qui se tisse entre nous et notre passé a sans doute sa raison d'être. Nous nous souviendrions de tout, que certains moments d'une qualité plus rare perdraient leur signification en disparaissant dans l'ensemble."

 Partir avant le jour, Julien GREEN, Grasset, 1963, p78